Rupture ?
La rupture ? Côté politique budgétaire on repassera. Déficits il y avait, déficits il y aura. En choisissant de privilégier la relance économique au détriment de la réduction de la dette, Nicolas Sarkozy avait annoncé la couleur. Il a tenu parole.
Devant ce refus d'assainir la situation, les intégristes de l'orthodoxie budgétaire parlent de désinvolture. Peut-être. Mais là n'est pas la question primordiale. Car à l'heure des comptes une seule interrogation s'impose : ce projet de budget est-il bon pour la France ?
Pour donner la réponse, le gouvernement ne devrait pas ruser, dissimuler, éluder. On attendrait plutôt que dans un élan de sincérité à la François Fillon, il avoue que rien n'est gagné. Au lieu de cela, il laisse entendre qu'il peut réussir un coup de maître. Or, en ne stoppant pas la dérive des comptes, il ignore la réprobation de Bruxelles qui ne dit mot mais ne consent guère. Ensuite, avec une prévision de croissance de 2,25% - plus raisonnable que les chiffres fantaisistes avancés il y a peu - , il n'est pas assuré que l'activité économique va reprendre. D'autant que cette estimation revue à la baisse, annonce moins de création de richesse et donc moins d'emplois. Enfin, s'il a pris la décision de couper radicalement dans les dépenses de l'Etat en réduisant le nombre de fonctionnaires, il risque de dégrader en partie le service public. Notamment dans l'Education nationale. Car, si l'Enseignement supérieur et la recherche sont les grands gagnants de la distribution budgétaire, le système éducatif subit par ailleurs d'importantes suppressions de postes. En réalité beaucoup de problèmes de fond demeurent. Mais compte tenu de l'ampleur de la tâche, il ne fallait pas non plus attendre de miracles. En vérité, ce budget fixe une feuille de route plus qu'il ne donne de signes forts. Il soulève surtout deux questions : est-il sincère ? Est-il adapté à la réalité dans un pays qui attend une impulsion décisive de sa politique économique ? Mais une chose est sûre dans la construction d'une loi de finances, acte majeur d'un nouveau pouvoir, le souhaitable ne l'emporte pas toujours sur le possible.

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