vendredi 2 mai 2008

Au cœur des défilés du 1er mai, la défense du pouvoir d'achat et des retraites

Préludes aux manifestations prévues les 15 et 22 mai, les défilés du 1er mai mettent en avant le pouvoir d'achat et la réforme des retraites. A Paris, les salariés sans papiers en grève depuis le 15 avril étaient à l'honneur, en tête du carré CGT, au lendemain de l'annonce par le syndicat des régularisations de trois d'entre eux par la préfecture des Hauts-de-Seine, les premières depuis le début du mouvement. Après quatre ans d'absence, la CFDT de François Chérèque fait son retour aux côtés de la CGT de Bernard Thibault, ainsi que de la FSU, l'Unsa et Solidaires (qui regroupe notamment les syndicats SUD) dans le cortège parisien de l'après-midi.
La CGT a déclaré jeudi à l'AFP que les quelque 150 manifestations du 1er mai, où le syndicat était présent, ont rassemblé "plus de 200.000 personnes" en France, dont 30 000 à Paris, soit un chiffre équivalent à celui de 2007 au niveau national, selon un décompte du syndicat.

A Marseille, près de 30 000 personnes selon les organisateurs, entre 3 000 et 5 000 selon la police, ont descendu la Canebière, avec notamment une banderole disant "Mai 68, mai 2008 : la lutte continue". Ils étaient entre 3 000 et 4 000 à Toulouse, environ 2 000 à Strasbourg et entre 1000 et 2000 à Lille, avec pour thèmes dominants les retraites et la défense du service public.

Dans la matinée, quelque 2 500 personnes selon la police, 4 000 selon les syndicats, dont un tiers de salariés du secteur portuaire mobilisés contre les privatisations et l'ouverture à la concurrence, ont manifesté au Havre. A Nantes, ils étaient 2 000 selon la police, 4 000 selon la CGT. A Rennes, quelque 1 200 personnes ont défilé, avec une poignée de lycéens et des salariés de Keolis Emeraude en grève. Enfin, à Nice, les manifestants étaient en nombre sensiblement supérieur au 1er mai 2007 – entre 1 300 selon la police et 3 000 selon les organisateurs.

LE "SIGNE DES JOURNÉES À VENIR"

Ces défilés visent à "se faire entendre" du gouvernement, notamment sur les retraites, et à défendre "d'autres pistes" de réforme que celles menant "à une diminution programmée du niveau des retraites", a souligné, jeudi, sur RTL Bernard Thibault. Le gouvernement est en train de "bâcler" le dossier des retraites, "il n'a pas travaillé", a estimé de son côté sur France Inter François Chérèque.

Les revendications sur les salaires, le chômage, les retraites et l'avenir des jeunes portent le "signe des journées à venir", a relevé Annick Coupé, secrétaire générale de Solidaires (Sud) tandis que son homologue de la FSU Gérard Aschieri s'est félicité de "l'unité élargie" des syndicats.

Avant les mouvements unitaires prévus pour la suite du mois, Force Ouvrière a fait entendre sa propre musique. Sur la banderole de tête, on pouvait lire : "Salaires, retraites, Sécu, tout est lié. Blocage à 40 ans, pour un retour à 37,5 ans" de cotisations. Son secrétaire général Jean-Claude Mailly a défilé jeudi matin avec plusieurs centaines de personnes à Paris. La CFTC a fait elle aussi, comme à son habitude, cortège séparé en matinée, sur un mot d'ordre unique, le pouvoir d'achat, à Paris, avec plusieurs milliers de manifestants. Une division syndicale dans la rue qui reflète également cette année l'impact de la réforme engagée de la représentativité, en passe de rebattre les cartes entre les confédérations.

Le Monde

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