mardi 22 juillet 2008

Les réactions après l'adoption de la réforme des institutions avec une voix d'avance

AFP - Lundi 21 juillet, 22h59

VERSAILLES (AFP) - Réactions de parlementaires après l'adoption de la réforme des institutions au Congrès à Versailles avec une voix d'avance:

François Hollande (premier secrétaire du Parti socialiste): "Le perdant, c'est Nicolas Sarkozy qui avait imaginé une réforme avec une large majorité et qui se trouve aujourd'hui avec une réforme adoptée à une voix en plus du résultat requis. Jack Lang est le seul de sa famille politique à avoir voté la réforme. Il aura une responsabilité et nous avons à la faire valoir. Jack Lang, nous le connaissons, nous l'avions déjà mis hors du groupe au moment où il s'était mis dans le comité Balladur.

Ségolène Royal (PS) : "Ce n'est pas la victoire de la démocratie, c'est le renforcement du pouvoir monocratique de Nicolas Sarkozy, à coups de pressions indignes sur plusieurs députés". "Une seule voix a fait la différence: pourra-t-on en connaître le prix ? Les démocrates, eux, en supporteront le coût", ajoute Mme Royal. "Comme disait François Mitterrand, sur le chemin de la trahison, il n'y a que le fleuve de la honte à traverser", ajoute Mme Royal, sans nommer Jack Lang, celui qui était son conseiller spécial durant la campagne électorale. "A l'avenir, ce type de manquement à la probité politique ne sera plus admis au Parti Socialiste", ajoute Mme Royal qui brigue le poste de Premier secrétaire du PS.

Arnaud Montebourg (porte-parole PS sur les institutions): "le déséquilibre de cette monocratie qui vient de s'établir à deux voix est pour nous un signe de fragilité de notre pays et un péril important pour les mois à venir. Le combat ne fait que commencer. Nous prendrons à témoin les Français des risques d'abus qui s'installent dans le paysage politique de notre pays"

Jean-François Copé, président du groupe UMP à l'Assemblée: "les grandes réformes de notre histoire ont parfois été adoptées à une voix. 60% des voix, c'est consensuel. J'aurais aimé que plus de socialistes votent la réforme. Je dis merci à Georges Tron et pourquoi pas à Jack Lang. Je pense que le PS est affaibli, au moins sa direction".

François Bayrou (président du MoDem): "Une seule voix de majorité, après tant de marchandages, de menaces, de promesses et de battage, cela prouve en réalité que les parlementaires n'étaient pas convaincus, même lorsqu'ils étaient du bord du gouvernement, par cette réforme. Plusieurs dizaines d'entre eux ont voté oui alors qu'ils pensaient non. Tout le monde voit bien qu'une réforme des institutions ne devrait pas se faire ainsi, tirée par les cheveux et camp contre camp. Une réforme de la constitution devrait rassembler les grands courants démocratiques du pays et tenir compte de leurs attentes.

On s'apercevra très vite que ce nouveau texte de la constitution ne change rien du fonctionnement déséquilibré de nos institutions et au contraire qu'il y a à moyen terme de nombreux risques de blocage. Par exemple le jour où le Sénat et le gouvernement ne seront plus du même bord, on verra naître des difficultés. Au fond, le résultat révèle l'absence de soutien pour cette réforme".

Patrick Devedjian (secrétaire général de l'UMP): "nous savions que ce serait très serré, pas à ce point là évidemment mais nous pensions que ça se serait joué à 4 ou 5 voix. Cela s'est joué que d'une voix, ça rend le texte plus précieux et ça fait référence à l'établissement de la République gagnée aussi d'une seule voix. Bien entendu il (Jack Lang) a joué un grand rôle depuis le début et c'est un homme qui a été fidèle à une conviction, ce n'est pas le cas de tout le monde."

Bernard Accoyer (président UMP de l'Assemblée nationale): "C'est serré, c'est vrai. Mais la République ici-même a été fondée, c'était l'amendement Wallon, et il y avait une voix de majorité".

Bertrand Delanoë (PS): l'adoption de la réforme des institutions, que Nicolas Sarkozy "sera peut-être tenté d?interpréter comme un succès personnel", n'est "assurément pas" un succès pour la démocratie. Manuel Valls (PS): "Une réforme constitutionnelle qui passe à deux voix, ce n'est pas l'idée que je m'en fais. C'est une occasion gâchée et une occasion perdue pour le PS de participer à une réforme où il aurait dû prendre toute sa place".

Julien Dray (PS): "Je ne veux pas que le débat ce soir tourne autour de Jack Lang. Malgré les pressions, les débauchages, la réforme ne passe qu'à une voix. Il y a un problème du président et de son autorité".

Georges Tron (UMP): "Je n'ai aucun état d'âme. Une voix cela me va très bien. Personne ne peut considérer que la victoire était acquise".

Jérôme Chartier (UMP): "Deux personnes peuvent se féliciter, Nicolas Sarkozy et François Fillon. Avec un état de santé terrible, le Premier ministre peut être fier de ce qu'il a réalisé pour la République. Je ne voudrais pas être dans la peau de ces socialistes qui ont voté contre la réforme alors qu'ils la saluaient. Je ne voudrais pas être dans la peau de François Hollande"

Henri de Raincourt, président du groupe UMP au Sénat: "Ce n'est pas une victoire d'un camp sur l'autre mais celle de la démocratie. La gauche a peut-être confondu congrès de Versailles et congrès de Reims. Leur unique obsession est de faire échouer le président de la République"

François Sauvadet (président du groupe Nouveau centre): "C'est une grande victoire non seulement de la volonté du chef de l'Etat de rassembler mais aussi de la démocratie française. Nous avons voté oui car nous avons été entendus"

Jacques Myard (UMP, partisan du non): "La réforme a été votée, à la régulière. Dont acte".

Jean-Marie Le Pen (FN): "Cette mauvaise réforme, qui n'ouvre la voie à aucun progrès de la démocratie (...) ne peut surtout masquer le fait que notre Constitution n'est plus qu'une charte régionale, subordonnée aux institutions du super-Etat européen".

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