jeudi 27 décembre 2007

Expulsions Réseau Éducation Sans Frontières tire la sonnette d’alarme

Les militants associatifs soutiennent que la volonté de « fabriquer du chiffre » se traduit par des atteintes aux droits de l’Homme.

« La Préfecture du Doubs doit expulser 200 personnes en 2007. Le gouvernement tape de manière aveugle pour fabriquer des personnes à expulser. Il veut expulser 25 000 personnes par an et pour cela, il va falloir effectuer 125 000 arrestations. Des Roms ont été expulsés vers les pays de l’Est et leurs enfants oubliés, mais qu’importe, il faut fabriquer du chiffre et tant pis si la police ne se consacre plus à son travail qui consiste à lutter contre la véritable délinquance y compris financière. En France, on mène une politique de terreur en direction de la population étrangère et une mise au pas de la société française ». Noëlle Laideur ne trouve pas de mots assez durs pour qualifier la nouvelle politique de l’immigration. La militante de SUD éducation participait, dernièrement à Besançon, à une conférence de presse animée par le Réseau Éducation sans frontières (RESF) à laquelle avait également pris part des militants associatifs comme Jean-Jacques Boy, Mébarek Arezki, Pierre Couchot et le Montbéliardais Jean-Michel Lévesque.

La volonté de faire du chiffre

De son côté, Jean-Michel Lévesque confirme, lui aussi, la volonté des autorités locales de faire du chiffre, mais insiste sur « la violence dont sont victimes les familles menacées d’expulsion ». « Des gamins qui vont à l’école, la peur au ventre, à Montbéliard, on le ressent fortement et c’est insupportable […]. Les préfets ne suivent même plus les préconisations des médecins », ajoute le Montbéliardais. Il semblerait, à ce propos, que même des psychiatres se sont vus retirer leurs agréments.

« Changement de politique : tout remonte au préfet »

Les militants associatifs évoquent le cas de la petite Soumaya, née en France et expulsée en Bosnie avec ses parents et de ce fait, se retrouve sans existence légale puisque son nom ne figure pas sur l’État civil de ce pays ou de ce jeune majeur Marocain, séparé de sa famille et expulsé, alors qu’il avait demandé son titre de séjour avant d’atteindre la majorité.
Problème, RESF cite des cas, s’insurge contre la nouvelle politique, mais ne dispose d’aucun chiffre. « Dans le Doubs, depuis cinq ans, on ne nous donne plus de chiffres », explique l’un des intervenants. « Contrairement à ce qu’on a connu jusque-là, la nouvelle responsable du bureau des étrangers s’était présentée à la dernière réunion que nous avons eue avec elle sans dossiers. Elle nous a expliqué qu’elle était venue juste pour prendre des notes et en référer au préfet. Nous ne pouvons même plus avoir des réunions avec le secrétaire général pour discuter des dossiers sur le plan technique. Là aussi, on nous a expliqué : changement de politique, tout remonte au préfet. Nous avons demandé au préfet un rendez-vous pour lui remettre une pétition signée par 1 225 personnes, mais à ce jour, nous n’avons toujours pas de réponse », ajoute Jean-Jacques Boy.

Dahmane Soudani

Le Pays

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