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mercredi 5 mars 2008

Royal accuse Fillon de "préparer un plan de rigueur"

AFP - Mardi 4 mars, 21h21

CLICHY-SOUS-BOIS (AFP) - Ségolène Royal a jugé, mardi à Clichy-sous-bois, "évident que la droite prépare un plan de rigueur", appelant les Français à "mettre un coup d'arrêt à une immoralité tous azimuts" par leur vote aux élections municipales et cantonales.


Après une pause de quelques jours, l'ex-candidate à l'élection présidentielle reprenait, en région parisienne, ses déplacements de soutien aux candidats socialistes à ces scrutins avant le vote du 1er tour dimanche.

"Je pense qu'il est évident que la droite prépare un plan de rigueur", a déclaré Mme Royal, en dépit du démenti formel, un peu plus tôt, du Premier ministre François Fillon. "D'ailleurs M. Fillon ne l'a pas caché. Il a parlé de +réajustement+. C'est vraiment un euphémisme! Qu'est-ce que ça signifie ? Ca veut dire une augmentation des impôts", a déclaré à la presse Mme Royal.

La présidente du Poitou-Charentes a demandé au chef du gouvernement d'"avoir la franchise de la clarté et de la vérité des mots, parce que cacher ce qui se passera demain, c'est le contraire de la morale publique".

Lors d'une réunion publique devant 200 personnes environ (il y avait des rangs vides), avec le maire sortant et candidat Claude Dilain, Ségolène Royal a dénoncé "une accumulation de scandales". "Ce que les Français découvrent, c'est que finalement, les petits et les moyens paient toujours pour les gros", ce qui "nourrit une colère sourde", a-t-elle protesté.

S'agissant du "scandale de l'UIMM", l'ex-candidate PS à l'Elysée s'en est prise au "trésor caché" des dirigeants de la métallurgie qui "s'enrichissaient aux dépens des ouvriers" et "fermaient des usines".

"Il faut mettre un coup d'arrêt à cette immoralité tous azimuts, il faut donner un avertissement très fort" à l'exécutif dimanche prochain, a-t-elle affirmé.

Selon Mme Royal, "jamais les élections municipales n'ont été un enjeu aussi important dans les 36.000 communes de la République française". "La vie quotidienne va se décider dans les communes, les départements et les régions" en fonction de la politique des édiles locaux, a-t-elle fait valoir.

La présidente du Poitou-Charentes avait commencé sa tournée en Seine-Saint-Denis par Epinay-sur-Seine, perdue en 2001 et que le PS et la gauche unie espèrent reprendre au maire MoDem soutenu par l'UMP. Elle y a reçu un accueil particulièrement chaleureux, peinant à progresser dans un centre commercial où elle a été pressée de toutes parts par quelque 400 supporters.

Après une étape à Aulnay-sous-Bois puis Clichy, Ségolène Royal devait tenir un meeting à Aubervilliers où le candidat socialiste Jacques Salvatore dispute la mairie au sortant communiste.

lundi 3 mars 2008

François Hollande demande une hausse du SMIC dès le mois de mars

AP - Dimanche 2 mars, 19h02

PARIS - François Hollande a demandé dimanche au gouvernement d'avancer au mois de mars "la revalorisation du SMIC qui est inévitable compte tenu du dérapage des prix".

"Je demande que l'augmentation du SMIC, qui est théoriquement prévue pour le mois de juin ou juillet, soit immédiatement faite au mois de mars", a déclaré le premier secrétaire du Parti socialiste lors du Grand Rendez-vous Europe-1/TV5Monde/"Le Parisien/Aujourd'hui en France".

"Je demande qu'on anticipe de plusieurs mois la revalorisation du SMIC qui est inévitable, compte tenu du dérapage des prix", a-t-il insisté.

M. Hollande a aussi demandé l'organisation, "au lendemain des élections" municipales et cantonales "d'une conférence salariale où la question des salaires puisse être discutée branche par branche". AP



jeudi 28 février 2008

La hausse des prix fragilise les Restos du Coeur

Plus 20%, plus 30%... Les hausses des prix du blé et du lait mettent en péril les finances des associations caritatives.

Faim de repas à la soupe populaire - crédit : Flickr, photo de Thomas Salva
Faim de repas à la soupe populaire - crédit : Flickr, photo de Thomas Salva

Dans les associations caritatives françaises, on fait les comptes… et on s'inquiète. « On table sur une augmentation du coût des repas de 6%, mais on est peut-être un peu justes », confie Sébastien Brot, directeur de La Mie de pain, une association basée dans le XIIIème arrondissement de Paris, qui nourrit les plus démunis. Avec 130 000 repas distribués en 2007, la petite structure peine à accuser la hausse du prix des denrées alimentaires. « Nous ne payons que 1,5 euro par repas pour le moment, l'essentiel des vivres étant fourni par la Banque alimentaire. Si la hausse perdure un ou deux ans, on a des réserves, on a mis de côté les années précédentes, on tiendra. Mais si ça dure plus longtemps… » Le directeur d'une association qui survit depuis 120 ans se fait philosophe : « …eh bien, si ça dure, on trouvera un moyen. » Oui, mais lequel ?

Equation insoluble
Car du côté de la Banque alimentaire, fournisseur de plus de 4 000 associations partout en France, on voit à plus long terme. Si les dons de partenaires privés de la grande distribution ou de l'industrie agroalimentaire n'ont pas diminué, ceux de la « collecte grand public », qui se fait à la sortie des supermarchés, ont chuté de 3%. « La crise du pouvoir d'achat nous frappe de plein fouet : d'un côté, on a une hausse du nombre de personnes précaires, de l'autre, on a moins de dons, se désole Catherine Lasry-Belin, responsable de la communication. Et surtout, plus de 40% de de l'aide alimentaire que nous redistribuons nous vient de l'Union européenne. L'augmentation du prix des matières premières va forcément avoir un coût et se répercuter sur nous. » Quelles que soient leurs sources d'approvisionnement, les grandes structures en arrivent au même constat. « Tant que la direction des affaires sociales nous donne des subventions équivalentes, ça va », explique Xavier Vandromme, responsable pour Emmaüs des centres d'hébergement d'urgence en région parisienne. Mais si la Ddass ne suit pas… A la Croix-Rouge, on jongle avec les chiffres : 6 millions de repas distribués par an, 7 millions d'euros de subventions françaises, 50 millions venus de l'Union européenne et « une hausse des prix que tout le monde semble découvrir aujourd'hui, mais que nous constatons depuis plusieurs mois ! » Didier Piard, directeur de l'action sociale, ne mâche pas ses mots : « Dès l'automne, l'enveloppe consacrée aux produits céréaliers a augmenté de 30% ! Pareil pour les produits laitiers ! Alors, d'un côté, on nous recommande de mieux équilibrer les repas, mais de l'autre, on se retrouve avec de plus en plus de gens à nourrir ! » L'équation semble insoluble. « J'étais récemment à Strasbourg derrière le camion du Samu social, poursuit Didier Piard : les gens qu'on voit bourrer leurs poches d'œufs durs et de morceaux de fromage ne sont pas des SDF. Ce sont des retraités, des gens qui ont un logement, ou même qui travaillent, mais dont les revenus les obligent à choisir entre se nourrir ou se loger. Le problème du pouvoir d'achat se pose à nous dans les deux sens ! »

« On ne pourra pas nourrir tout le monde »
Au chapitre des solutions, certains tentent, comme la Croix-Rouge, de jouer le bras de fer avec les fournisseurs ou d'élargir les partenariats avec les grandes surfaces. « A Strasbourg, par exemple, on diversifie nos modes de récupération des denrées alimentaires grâce à un partenariat avec Cora. Ca nous fait économiser 4 à 5000 euros de produits frais pour les maraudes et les centres d'hébergement d'urgence », poursuit Didier Piard. L'idée : faire vite, récupérer des produits proches de la date de péremption et les distribuer rapidement. « Et pour éviter que les fournisseurs augmentent trop leurs prix, on fait régulièrement des appels d'offres. » Mais ça ne marche pas toujours. Chez Emmaüs, où les repas sont achetés à deux grandes sociétés de restauration, RGC et Cogerest,, on vient d'apprendre de RGC une augmentation de 7% des prix unitaires des repas (achetés un peu plus de 3 euros) en invoquant la hausse des prix. Toutes les grandes associations, de la banque alimentaire aux restos du cœur, se tournent surtout vers les pouvoirs publics depuis plusieurs semaines. A force de tirer la sonnette d'alarme, elles ont obtenus la tenue d'une réunion avec les ministères du Logement et de l'agriculture et de la Pêche sous quinzaine. Objectif : que la Présidence française de l'Union européenne leur apporte de nouvelles subventions. Sans quoi, « on ne pourra pas nourrir tout le monde », constate amèrement Didier Piard.


Marianne.fr

mercredi 27 février 2008

Ségolène Royal propose trois mesures sur le pouvoir d'achat

Reuters - Mardi 26 février, 21h04PARIS (Reuters) -

Ségolène Royal a appelé mardi Nicolas Sarkozy à reprendre contact avec la réalité de la vie quotidienne des Français et à adopter une politique efficace pour défendre leur pouvoir d'achat.

"Ce que les gens attendent maintenant avec colère c'est que le président de la République soit efficace par rapport à ce qu'il a promis, c'est-à-dire la hausse des salaires et des petites retraites et surtout la défense du pouvoir d'achat, or les prix flambent", a déclaré sur RTL l'ancienne candidate socialiste à l'Elysée.

Sur France 2, Ségolène Royal a proposé par la suite trois mesures pour faire face à la hausse des prix.

"Premièrement, lorsque le prix de l'essence augmente, il faut baisser les taxes sur l'essence", a-t-elle dit.

"Lorsque le prix des produits alimentaires augmente, il faut baisser la TVA sur les produits alimentaires et enfin il faut contrôler de toute urgence les marges des grandes surfaces", a-t-elle ajouté.

Selon elle, les prix sont supérieurs aux prix européens, signe que "quelque chose ne vas pas" dans ce domaine. "Ce qui ne va pas, c'est la loi Raffarin qui protège les grandes surfaces", a-t-elle précisé, évoquant des "ententes" entre les grandes surfaces aux dépens des consommateurs."

Sur RTL, Ségolène Royal avait estimé que c'était aujourd'hui le fait "de pouvoir manger correctement plusieurs repas par jour qui est menacé dans beaucoup de familles à revenus moyens et modestes.3

"C'est ça qui appelle aujourd'hui de Nicolas Sarkozy des actions efficaces", a-t-elle poursuivi.

La présidente de la région Poitou-Charentes n'a "pas vraiment constaté" que les heures supplémentaires défiscalisées, présentées par le gouvernement comme l'une des solutions "marchaient du tonnerre".

"Je pense qu'il faudrait que Nicolas Sarkozy reprenne contact avec la réalité de la vie quotidienne", a-t-elle dit.

Selon Ségolène Royal, la séquence du Salon de l'agriculture, où le chef de l'Etat insulte un visiteur refusant de lui serrer la main "serait passé plus inaperçue s'il y avait des résultats en politique".

"Un dérapage verbal violent comme celui-ci n'est pas conforme à l'idée que je me fais du rôle du président de la République", a-t-elle ajouté.

Laure Bretton

lundi 25 février 2008

De 5 à 48 % d’inflation alimentaire, selon «60 Millions»

Les prix des produits alimentaires ont explosé de novembre à janvier, jusqu’à 48 % selon l’Institut national de la consommation (INC). Selon le numéro de mars de 60 Millions de consommateurs, mensuel de l’INC à paraître demain, beurres, yaourts, pâtes, céréales, biscottes, pains de mie, riz et autres jambons ont vu leurs prix s’envoler de 5 % à 48 % entre novembre et janvier.

Sur 1 055 références de produits laitiers et céréaliers comparés, près de la moitié a augmenté, dont 200 de plus de 10 %. Moins de 60 références ont baissé «de quelques pour cent», selon l’observatoire de l’association. «La flambée des matières premières ne peut justifier des hausses d’une telle ampleur», souligne Marie-Jeanne Husset, directrice de rédaction du mensuel.

«Le prix du lait ne représente que le tiers du prix final du yaourt. Comment expliquer que certains yaourts aient augmenté de 40 %?» s’étonne-t-elle. Concernant le lait, toutes les hausses dépassent les 20%, la plus forte (37 %) pour un lait aux protéines. Les pâtes ne sont pas épargnées non plus : la flambée des prix atteint même 45 % pour les spaghettis. Le secrétaire d’Etat chargé de la Consommation et du Tourisme, Luc Chatel, a affirmé, dimanche sur Europe 1, que l’on ne pouvait pas accepter cette flambée des prix.

Le cabinet Nielsen Panel montre de son côté une augmentation globale des prix en janvier, pour le quatrième mois consécutif, avec des hausses de plus de 10 % pour les pâtes, les œufs et le lait.

«Il y a une manipulation dans le discours des industriels et des distributeurs. La hausse des matières premières profite aux uns et autres», estime Marie-Jeanne Husset.


source: libération.fr

mardi 19 février 2008

J'ai changé

samedi 2 février 2008

Pour les caissières, c’est dur à encaisser


Temps partiel subi, salaires trop bas : la grève des salariés de la grande distribution a été particulièrement suivie.
CORDÉLIA BONAL, STÉPHANIE MAURICE (à Lille) et CAROLE RAP (à Montpellier)
QUOTIDIEN LIBErATION: samedi 2 février 2008

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mardi 29 janvier 2008

Lettre d'information

Chers amis,

Aujourd'hui, en guise de lettre d'information, il m'a semblé vraiment intéressant de vous transmettre une lettre qui, parmi le très abondant courrier reçu, m' a particulièrement frappée tant elle décrit avec des mots simples et justes, révoltés et dignes, l'inquiétante montée des précarités, à comparer avec l'invraisemblable scandale de la Société Générale et les mesures particulièrement injustes de Nicolas Sarkozy sur le paquet fiscal.

Ségolène Royal

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Madame,

Je suis toujours avec grand intérêt votre parcours. Âgé de 72 ans avec mon épouse, nous avons élevé neuf enfants et actuellement nous avons douze petits enfants.

Je suis très inquiet sur l'avenir et surtout sur le pouvoir d'achat et les charges que nous subissons. Depuis combien d'années, devons-nous faire des efforts pour sauver la sécurité sociale ?

La franchise qui nous subissons ne sera pas une économie bien au contraire, moi-même opéré de deux cancers, diabétique et coeur malade, j'ai un lourd traitement à raison de 23 boites par mois, plus le laboratoire et les consultations. Malgré mes 100%, certains médicaments ne sont pas remboursés. Nous avons une petite retraite de 1350 euros par mois, le loyer, le gaz, l'électricité, les impôts, notre mère de 90 ans en maison de retraite, nous avons aussi une participation à ses frais et nous vivons sans faire d'extra. Nous ne sommes pas les seuls malheureusement, je vois des personnes jeunes et âgées fouiller les poubelles des grandes surfaces.

Pour 2008, j'ai été obligé d'arrêter ma complémentaire et je ne pourrais pas prendre tous mes médicaments, donc je me rendrais à l'hôpital pour me faire soigner, ce qui ne sera pas une économie. Le forfait journalier étant sans complémentaire, je demanderai une aide avec la honte d'en arriver là à 72 ans.

Je n'espère pas aller jusqu'à la fin du mandat présidentiel vu ma maladie qui s'aggrave, mais j'espère et surtout, je souhaite le jour où vous arriverez au pouvoir, que vous penserez à toute cette misère. J'ai travaillé à 14 ans et j'ai fini à 60 ans pour une retraite de misère. Ma femme avec 9 enfants ne travaillait pas et ça ne lui a pas rapporté grand chose, si la médaille française.
Je m'excuse de cette présente, mais j'ai besoin de m'exprimer.

Je vous prie de croire, Madame, à ma très respectueuse considération.

Monsieur Georges P.

--

Si vous souhaitez adhérer en ligne à l'association Désirs d'avenir :
http://www.desirsdavenir.org/index.php?c=adhesion

Si vous souhaitez soutenir l'association Désirs d'avenir :
http://www.desirsdavenir.org/commun/pdf/Don2007.pdf

mardi 22 janvier 2008

Le PS s'inquiète d'éventuelles hausses de la CSG et de la TVA

PARIS (AFP) - Le PS s'est inquiété lundi d'éventuelles hausses de la CSG et de la TVA "proposées dans le rapport Attali", demandant au président Nicolas Sarkozy de "confirmer ou infirmer" l'application de telles mesures.

"Dans les mesures du rapport Attali, il semblerait qu'il soit recommandé une hausse de la CSG de 0,6% et une hausse d'un point de la TVA", a déclaré le secrétaire national Bruno Le Roux tenant le point de presse hebdomadaire du parti.

"Comme le président de la République a dit qu'il mettrait toutes les mesures du rapport en oeuvre, nous lui demandons s'il confirme ou s'il infirme la hausse de la CSG et de la TVA proposée dans le rapport Attali", a ajouté M. Le Roux.

La commission Attali, dont le rapport a été largement publié dans la presse, reprend à son compte l'idée d'une "TVA sociale" en proposant de réduire le coût du travail par un transfert des cotisations sociales vers la CSG, ou la TVA.

Le responsable socialiste s'est d'autant plus inquiété que "l'absence de bonnes prévisions du gouvernement" sur la croissance et l'inflation en 2008 "entraînera immanquablement des prélèvements supplémentaires (...), un plan de rigueur", la croissance ayant été revue à la baisse et l'inflation à la hausse.

M. Le Roux s'est d'autre part alarmé des réactions suscitées par l'entrée en vigueur des franchises médicales début janvier, au moment où quatre malades chroniques ont annoncé l'arrêt de leur traitement en signe de protestation.

Selon le secrétaire national, cette mesure "participe de l'avertissement à donner au gouvernement" lors des élections municipales et cantonales du mois de mars.

lundi 21 janvier 2008

Royal évoque la "déliquescence du pouvoir" de Sarkozy

PARIS (Reuters) - Ségolène Royal a estimé dimanche que le pouvoir de Nicolas Sarkozy était en déliquescence et elle a demandé au président de revenir sur les déductions fiscales votées l'été dernier.

"Les Français vivent aujourd'hui une forme de désillusion profonde qui fait place à une forme d'exaspération. (...) Nous en avons pour cinq ans, pourtant on a parfois le sentiment d'une sorte de fin de règne", a-t-elle dit au Grand jury RTL-Le Figaro-LCI.

"Il y a une forme aujourd'hui de déliquescence du pouvoir qui a été organisée par Nicolas Sarkozy. Lorsqu'il a pris ses responsabilités, il a passé par pertes et profits son Premier ministre, on voit aujourd'hui les conséquences qui en résultent pour la France", a-t-elle ajouté.

La seule réussite du chef de l'Etat est à ses yeux l'ouverture de son gouvernement à des personnalités de gauche, "une réussite tactique, c'était bien joué", a-t-elle dit.

Elle demande cependant au président de revenir sur le "paquet fiscal" voté l'été dernier, et qui coûtera quinze milliards d'euros au budget de l'Etat en année pleine.

Selon elle, il est mieux de consacrer un tiers de cette somme au désendettement, un tiers pour la hausse du pouvoir d'achat, et un tiers pour l'investissement dans les PME et la recherche.

Elle a assuré avoir été "agréablement surprise" de voir le directeur général du FMI Dominique Strauss-Kahn revenir à une réunion du PS dimanche à Paris.

"J'ai trouvé cette présence amicale et bienvenue. Dominique Strauss-Kahn est un atout pour les socialistes, les échéances de 2012 ne sont pas notre préoccupation actuelle", a-t-elle déclaré.

Thierry Lévêque

samedi 19 janvier 2008

Civilisation ou moral des ménages

Par Thomas Piketty
QUOTIDIEN LIBERATION : lundi 14 janvier 2008


A défaut de résultats sur sa politique du pouvoir d’achat, notre imaginatif Président nous propose donc une politique de civilisation… La ficelle est d’autant plus grosse qu’il est possible de mener aujourd’hui en France une politique efficace du pouvoir d’achat, pour peu que l’on se donne les bons outils. Quand on les interroge, les Français fournissent d’ailleurs la réponse de façon parfaitement claire.

Fort logiquement, ils placent la baisse de la TVA en tête des politiques permettant de relancer le pouvoir d’achat. Or non seulement le gouvernement n’a jamais envisagé une telle baisse, mais il a clairement laissé entendre, pendant les législatives, qu’une hausse de la TVA pourrait être nécessaire pour financer son paquet fiscal de 15 milliards d’euros (l’équivalent d’une augmentation de deux points de TVA à taux plein) et sa ribambelle de niches fiscales au contenu idéologique fort mais à l’efficacité économique plus que douteuse. Tous les indicateurs confirment que l’effondrement du moral des ménages observé ces six derniers mois, exceptionnellement rapide après une élection présidentielle, date de ce péché originel.

Et pourtant Sarkozy semble vouloir s’entêter sur son projet d’augmentation de la TVA dite sociale («mal présenté»), et explique benoîtement l’hiver venu qu’il ne peut pas vider les caisses qu’il s’est soigneusement appliqué à vider à la veille de l’été. Erreur économique de cigale d’autant plus grave qu’il existe aujourd’hui un outil permettant in fine de mettre en place des baisses ciblées et efficaces de TVA : la prime pour l’emploi (PPE). Crée en 2000 pour alléger la pression fiscale sur les bas salaires (les socialistes souhaitaient initialement réduire la CSG, ce qui fut censuré sans raison par le Conseil constitutionnel), l’objectif de la PPE est de revaloriser le travail de ceux qui se lèvent tôt, travaillent dur… et gagnent peu. Elle a été relevée plusieurs fois depuis 2002, preuve que la droite sait parfois faire son mea culpa - sur la PPE comme sur le pacs, par exemple - et reprendre a son compte les réformes du camp adverse.

Son montant reste toutefois modeste : la PPE moyenne versée aux quelque 10 millions de foyers bénéficiaires est d’à peine 500 euros (la prime maximale avoisine les 900 euros), pour un budget total de 5 milliards d’euros. C’est très peu par rapport au total des prélèvements pesant sur les travailleurs à bas salaire. Par exemple, un salarié à plein-temps rémunéré au Smic et consommant tout son revenu (soit environ 12 000 euros net par an) verse actuellement l’équivalent de deux mois de salaires au titre de la TVA, plus d’un mois de salaire au titre de la CSG, sans compter les taxes indirectes annexes (essence, tabac, alcool, etc.), les cotisations sociales… soit un taux de prélèvement global supérieur a 50 %. Une mesure simple et lisible pourrait consister à doubler la PPE, ce qui reviendrait grosso modo à réduire de moitié la TVA acquittée par les salariés proches du Smic. D’un coût de l’ordre de 5 milliards d’euros, cette mesure aurait eu un impact sur le pouvoir d’achat beaucoup plus fort que le paquet fiscal, tout en préservant des marges de manœuvre pour réduire la dette et investir dans l’avenir. Il faudrait au passage moderniser profondément l’administration fiscale de façon à assurer le versement mensuel de la PPE sur les bulletins de salaires - actuellement elle est versée avec un an de retard, et personne n’y comprend rien. Cette politique efficace du pouvoir d’achat permet en outre de promouvoir l’idée d’une civilisation fondée sur le travail et la transparence démocratique et fiscale. Aux antipodes des projets Sarkozy-Hirsch de revenu de solidarité active (RSA), qui reviennent en gros à faire passer les salariés à bas salaire pour des assistés, alors qu’en vérité ils acquitteront toujours des prélèvements nettement supérieurs à tous les transferts reçus - y compris après plusieurs doublements de la PPE. Au lieu de se laisser aller dans des débats surréalistes sur la nécessité impérieuse de ne pas avoir de leader, les socialistes seraient bien inspirés de se réapproprier et de développer les bons outils qu’ils ont eux-mêmes créés.

Thomas Piketty est directeur d’études à l’EHESS et professeur à l’Ecole d’économie de Paris.

vendredi 18 janvier 2008

Le PS dénonce l'échec de Nicolas Sarkozy sur le pouvoir d'achat

PARIS (Reuters) - Le Parti socialiste déplore l'échec de Nicolas Sarkozy en matière de pouvoir d'achat, réclamant l'annulation du "paquet fiscal" pour venir en aide aux ménages modestes.

"La rupture a fait long feu: on en revient en catimini à une très classique politique de rigueur qui asphyxiera un peu plus encore les foyers français et la croissance", déclare dans un communiqué le porte-parole du PS, Julien Dray.

Dans ses voeux aux "Forces de la nation", le chef de l'État a détourné les enjeux "en appelant à la patience des Français et en les exhortant à travailler plus encore", poursuit le député de l'Essonne.

Pour Michel Sapin, secrétaire national du PS chargé de l'Économie, le président a indiqué "qu'il n'est pas possible de donner aujourd'hui du pouvoir d'achat aux Français".

"Cet aveu d'impuissance de ses propres engagements de campagne signe l'échec de la politique qu'il a menée au cours des premiers mois de son mandat", explique-t-il dans un communiqué.

"Comment admettre qu'il estime impossible de donner du pouvoir d'achat sans contreparties, lui qui a accordé 15 milliards de cadeaux fiscaux aux ménages les plus aisés et aux entreprises sans jamais rien leur demander en retour ?", s'interroge Michel Sapin.

Le PS juge "possible et surtout impérieux" de revaloriser le pouvoir d'achat des ménages modestes en annulant le paquet fiscal "aussi injuste qu'inutile" et en utilisant les marges de manoeuvres ainsi dégagées pur mettre en place des mesures d'urgence, notamment la revalorisation immédiate de 5% des petites retraites, le rattrapage des traitements de la fonction publique, la mise en place du chèque transport et la diminution de la TVA sur les produits de première nécessité.

Laure Bretton

samedi 29 décembre 2007

Pouvoir d'achat: la goutte d'eau qui fait déborder le gaz

Le "gouvernement Sarkozy" (ainsi qu'on commence à l'appeler, le Premier ministre s'étant durablement évaporé) n'en menait déjà pas très large lors de la présentation du projet de loi sur le pouvoir d'achat. Après la décision, jeudi, d'autoriser une hausse des tarifs du gaz de 4%, qui frappera 7 millions de foyers à compter du premier janvier, son discours sur le sujet devient inaudible.

Depuis la campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy ne parvient pas, sur cette question, à sortir de l'incohérence:

1. Sarkozy le candidat promet d'abord d'être "le président du pouvoir d'achat".

2. A peine élu, Sarkozy le président distribue du pouvoir d'achat, mais aux plus aisés: c'est le bouclier fiscal, la baisse de l'impôt sur les successions, le remboursement des frais de scolarité des enfants d'expatriés, etc.

3. Arrive l'hiver. Il met en route une loi sur le pouvoir d'achat, mais les caisses étant vides, il est contraint de recourir à une usine à gaz qui ne lui coûte rien, à base de "monétisation des RTT", "déblocage de la participation" et de "changement d'indexation des loyers". Il tergiverse au passage sur l'exonération de la redevance télé pour les retraités non imposables (que la majorité entendait initialement supprimer). Les députés recousent comme ils le peuvent le projet, pour le rendre plus présentables sous les lazzis des socialistes, qui jusque là hibernaient, aussi silencieux que François Fillon

4. Malgré des sondages catastrophiques sur la question, Sarkozy autorise l'augmentation de 4% des prix du gaz. Soit une cinquantaine d'euros d’augmentation sur la facture annuelle d’un foyer moyen.

Une décision motivée par les exigences des marchés

Le gouvernement pouvait-il faire autrement? La demande d'augmentation émanait de GDF, dont l'Etat est le principal actionnaire, avec 80% du capital. Le groupe avait demandé une hausse de 6%, sachant qu'il n'en obtiendrait qu'une partie. Une demande assez naturelle, et qui n'a rien d'exorbitant: les tarifs du gaz aux particuliers n'ont pas bougé depuis mai 2006, alors les coûts d'approvisionnement (qui suivent les cours du pétrole) ont explosé. Selon les dirigeants de GDF, sans ajustement, le groupe risquait de connaître des difficultés financières. Par ailleurs, une dégradation des comptes -et la chute des cours de l'action qui s'ensuivrait- menaçait de compromettre la fusion envisagée entre Suez et GDF... La politique des tarifs du gaz se fait aussi "à la corbeille".

La situation de GDF n'est pas catastrophique

Dans ce dilemme, quelle devait être, alors que le pouvoir d'achat est une préoccupation centrale des Français, la priorité de l'Etat? Après tout, la situation de GDF n'est pas encore catastrophique, loin de là. La hausse des cours des hydrocarbures est en partie compensée par la baisse du dollar. Par ailleurs, comme le remarquent les associations de consommateurs, pour importer son gaz, GDF signe des contrats de fourniture de long terme, qui permettent de lisser les variations des prix. Au 1er semestre 2007, ses bénéfices s'élevaient à 1,51 milliard d'euros. Des bénéfices qui avaient augmenté de près de 30% par an en 2005 et 2006. De bons résultats dont les consommateurs n'ont pas vu la couleur.

samedi 22 décembre 2007

vu pa Wiaz


le nouvel observateur du 20/12/07

Région Poitou-Charentes: moins de cartes de voeux pour aider des licenciés

La région Poitou-Charentes, présidée par Ségolène Royal, a décidé de réduire fortement les cartes de voeux et de verser l'argent économisé aux personnes licenciées économiquement dans l'année.

"Nous avons décidé en région Poitou-Charentes d'attribuer aux 850 salariés licenciés économiquement en 2007, un chèque-cadeau, parce que souvent, ils n'ont même plus les moyens d'offrir un Noël à leur famille", a indiqué Ségolène Royal, avant un déjeuner en compagnie de personnes défavorisées à Poitiers.

Cette initiative va coûter 90.000 euros, selon la région.

"Mais cette dépense de solidarité sera réalisée en économisant sur les cartes de voeux. Cette année, elles seront électroniques pour la plupart d'entre elles et celles en papier seront très simples", a expliqué la présidente de région. Le budget dévolu habituellement aux voeux n'a pas été précisé.

"Les salariés licenciés sont oubliés dans les plans économiques et sont aujourd'hui en grandes difficultés à travers tout le pays".

vendredi 21 décembre 2007

A Romans, Royal remet les pieds sur le terrain social

Envoyé spécial à Romans (Drôme) DAVID REVAULT D’ALLONNES
QUOTIDIEN LIBERATION: vendredi 21 décembre 2007

Alors que Nicolas Sarkozy, entre escapade en galante compagnie à Eurodisney et visite au Saint-Siège, s’essaie à donner à voir une présidence de rêve, Ségolène Royal réplique sur le terrain du cauchemar social. Celui des employés du chausseur de luxe Charles Jourdan, à Romans (Drôme), qu’elle visitait hier. Le scénario n’est assurément pas des plus glamours : un PDG incarcéré en Suisse pour une affaire financière, un dernier repreneur potentiel, l’américain Omniscent, qui se retire, un placement en liquidation judiciaire. Et, à l’arrivée, 197 salariés sur le carreau. Une occasion en or pour l’ex-candidate de pousser un coup de gueule contre «le silence, la chape de plomb sur ce qui se passe dans l’économie». Et, du même coup, de fustiger par l’exemple une certaine pratique sarkozyste du pouvoir : «La France souffre dans le silence pendant que le président s’amuse. Il a le droit. Mais il faut qu’il s’occupe des problèmes…»

Pour son premier déplacement d’envergure sur le terrain depuis les législatives - elle a prévu de multiplier ces visites avant les municipales -, Ségolène Royal s’engouffre au milieu des lignes de production à l’arrêt. Où beaucoup ne nourrissent guère plus d’espoirs. Agnès, salariée : «On nous a tellement menés en bateau... Personnellement, j’ai pas envie d’y croire.» Un employé l’interpelle : «Madame Royal, pourquoi vous êtes pas venue avant ?» Et l’intéressée de répliquer, sentimentale : «Quand j’ai vu les lettres de licenciement que les salariés recevront entre Noël et le jour de l’An, j’ai trouvé ça atroce. Ça m’a révoltée.» Pragmatique, Marie, déléguée CGT, mesure l’intérêt de la visite : «Elle nous utilise, mais on l’utilise aussi.» Une mise en pratique du «donnant, donnant», cher à l’ex-candidate ? Ségolène Royal embrasse une salariée qui verse une larme, se renseigne sur les opérations de piquage. Avant d’évoquer, devant le comité d’entreprise, la création d’une coopérative. Sans déchaîner l’enthousiasme : «La société qui détient la marque, en Suisse, va être mise en faillite et la marque vendue aux enchères», soupire Gilles, délégué CGC. Mais peu importe que la politique se heurte ici aux réalités de la mondialisation. L’essentiel est de donner l’image du volontarisme : «Si on dit que c’est pas la peine de se déplacer, il n’y a plus rien à faire.» L’ex-candidate quitte l’entreprise avec deux paires d’escarpins, modèle Noémie, offertes par les salariés. Non sans en remettre une dernière couche : «Le peuple souffre, et pendant ce temps, le roi s’amuse. Il faut que les choses sérieuses commencent.»

Prendre aux pauvres, donner aux riches

Louis Maurin directeur de l’Observatoire des inégalités.
Rebonds Libération: mardi 18 décembre 2007

«La France dont je rêve est une France qui ne laisse tomber personne, une France qui est comme une famille où le plus faible, le plus vulnérable, le plus fragile a droit à autant d’amour, autant de respect, autant d’attention que le plus fort.»

Ainsi s’exprimait Nicolas Sarkozy au soir du 22 avril, premier tour de l’élection présidentielle. Il avait, mieux que Ségolène Royal, analysé l’état de la société française, d’où son élection quinze jours plus tard. Ses premiers mois d’exercice sont en contradiction à peu près complète avec ses déclarations de campagne. Les mesures prises depuis l’été consistent à prendre au plus faible pour donner au plus fort. Plus exactement, donner aux riches et ensuite récupérer l’argent des pauvres. Les annonces récentes sur le pouvoir d’achat n’y changent rien.

Donner aux riches d’abord. La loi en faveur du travail, de l’emploi et du pouvoir d’achat (dite Tepa) comporte au minimum 7 milliards d’euros de baisses d’impôt pour les plus aisés, l’équivalent des deux tiers du budget annuel de l’enseignement supérieur. Cela sans considérer le volet concernant les heures supplémentaires, qui profite théoriquement à tous les salariés en proportion de leurs revenus. Au titre de la loi votée cet été, 1 000 contribuables dont la fortune est supérieure à 15,5 millions d’euros profiteront chacun d’une baisse d’impôt de 270 000 euros (bouclier fiscal), selon le rapport du député (UMP) Gilles Carrez. Lui-même note que les frais de succession au décès d’un conjoint d’un couple avec deux enfants disposant d’une fortune de 1,5 million d’euros seront réduits de 72 000 euros. Un couple peut désormais céder à ses trois enfants 900 000 euros de patrimoine tous les six ans sans payer de droits. L’impôt sur les successions est, en pratique, supprimé en France. D’autres mesures ont été prises depuis cet été, de moindre ampleur mais tout aussi inégalitaires. Comme l’instauration du prélèvement libératoire sur les dividendes (les revenus des actions). Les contribuables les plus aisés pourront opter pour un taux d’imposition de 29 % (18 % de prélèvement libératoire et 11 % de prélèvements sociaux) contre 40 % pour la tranche supérieure de l’impôt sur le revenu. La mesure va profiter à 50 000 contribuables qui touchent plus de 25 000 euros de dividendes annuels. Même un député UMP, Jérôme Chartier, s’est opposé à cette «augmentation du pouvoir d’achat des Français les plus riches»

Prendre aux pauvres ensuite. Les comptes publics sont déficitaires et notre pays endetté : ces largesses fiscales doivent être financées. Le second temps de l’action présidentielle consiste à reprendre, miette par miette, ce qui a été dépensé. Au premier janvier prochain, une franchise s’appliquera sur les dépenses maladie sans prise en compte des revenus. Les plus modestes y seront de leur poche de 50 euros l’an. A la mi-novembre, la ministre de la Justice, Rachida Dati, a annoncé qu’elle envisageait la mise en place d’un forfait - dont le montant n’est pas encore déterminé - pour les personnes démunies bénéficiant de l’aide juridictionnelle, ceux qui n’ont pas les moyens de se payer un avocat. Enfin, 780 000 foyers, principalement des personnes âgées démunies, vont devoir acquitter 118 euros de redevance audiovisuelle l’an prochain alors que, jusqu’à présent, elles en étaient exonérées. Conséquence de la réforme décidée en 2004 par Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Economie, qui reliait cette taxe aux impôts locaux dont les conditions d’exonération ne sont pas semblables. L’ensemble de ces mesures qui frappent les pauvres semblent, pour l’heure, symboliques. Quoique pour une personne âgée démunie, 168 euros de redevance et de franchise de soin, c’est loin d’être négligeable. On se ravise aujourd’hui que les catégories populaires se plaignent d’un trop faible pouvoir d’achat. Mais les caisses sont vides, et les mesures ne peuvent être à la hauteur. Les conséquences de cette politique sont désastreuses. Le Président a été élu sur la base d’un nouveau contrat, dépassant les clivages, mais il continue la politique des gouvernements précédents. L’empressement à aider les riches a comme contrepoint la lenteur prise pour mettre en œuvre des mesures destinées à réduire la pauvreté.

La gauche a tort de se réjouir du crédit de plus en plus entamé d’un chef de l’Etat contraint à la gesticulation permanente. C’est une courte vue politique. L’hypocrisie qui consiste, dans tous les milieux, à faire semblant de ne pas voir que l’effort demandé à tous est la contrepartie de cadeaux destinés aux plus favorisés (rebaptisés «classes moyennes supérieures») a d’immenses conséquences. L’action politique dans son ensemble en sort décrédibilisée auprès de larges fractions de la population. Tous ceux qui soutiennent cette politique et la mettent en œuvre sont responsables de cette situation. Ils contribuent de facto à alimenter le ressentiment social, le populisme et la course-poursuite aux extrêmes.


jeudi 20 décembre 2007

Ségolène Royal: après les "tours de manège", Sarkozy doit s'occuper de nos problèmes

PARIS, 19 déc 2007 (AFP) - Ségolène Royal, interrogée mercredi par i-Télé sur l'idylle, dévoilée à Disneyland, entre Carla Bruni et Nicolas Sarkozy, a estimé que ce dernier avait "le droit de faire des tours de manège", mais devrait "surtout dire quand il compte s'occuper de nos problèmes".

"Je pense que Nicolas Sarkozy a le droit de faire des tours de manège avec qui il veut", a déclaré l'ex-candidate socialiste à la présidentielle.

Il a "le droit d'aller s'amuser", a insisté Mme Royal. Mais "il doit nous dire quand et comment il compte s'occuper de nos difficultés et de nos problèmes".

"La seule chose qui compte, ce sont les promesses qu'il a faites pendant sa campagne", a poursuivi la présidente de Poitou-Charentes.

"Il a promis d'augmenter de 25% les petites retraites", a-t-elle poursuivi. "Après cette promenade, il faut qu'il prenne la décision très rapide" en faveur de cette augmentation".

Interrogée à nouveau sur la médiatisation de cet épisode, elle a répondu: "cela ne m'intéresse pas de commenter ça. Il prend ses risques".

Elle s'est cependant demandé si c'était "calculé pour faire oublier la piteuse semaine qui vient de s'écouler (ndlr: avec la visite du colonel Kadhafi)".

"Ce ne serait pas impossible, il est très habile en communication", a jugé Mme Royal, en pointant un "sentiment d'improvisation, d'agitation et on attend des résultats sur des promesses".

mardi 18 décembre 2007

Le budget de Poitou-Charentes voté malgré des remous dans la majorité PS

TOURS (AFP) - La région Poitou-Charentes, présidée par Ségolène Royal, a voté lundi un budget 2008 en légère hausse mais sans augmentation d'impôts, après quelques tensions ces derniers jours au sein de sa majorité sur cette question.

Le budget a été adoptée sans recours à la modulation régionale de la TIPP (taxe intérieure sur les produits pétroliers), un levier possible pour les régions, alors que certains membres de sa majorité pressaient l'ancienne candidate socialiste de ne pas se priver de cette recette.

Le premier-vice président, Jean-François Fountaine, s'était dit ces derniers jours "très préoccupé" par le choix de Mme Royal de recourir à l'emprunt, alourdissant ainsi la dette, plutôt qu'à l'impôt pour boucler le budget 2008. Il a relativisé ce différend en estimant mardi à l'issue du vote: "en politique, il y a l'important et l'essentiel, le fait de voter ce budget était essentiel".

Les Verts (7 élus) qui menaçaient de ne pas voter le budget se sont finalement rangés.

Le budget 2008, de 685 millions d'euros, est pour la troisième année de suite voté sans augmentation d'impôts. Ségolène Royal avait récemment affirmé qu'"au moment où la baisse du pouvoir d'achat est la priorité des priorités, ce n'est pas nous qui allons reprendre de l'argent dans la poche de nos concitoyens".

Le budget 2007 était de 635 millions euros, réajusté à 670 millions d'euros.

lundi 17 décembre 2007