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mercredi 16 janvier 2008

Royal repart en campagne

En Alsace pour les municipales, l'ex-candidate affronte à nouveau Sarkozy.

L'effet Royal joue encore. A Colmar, la tête de liste du PS aux municipales, Paul Leyer, est au bord des larmes lorsqu'il accueille l'ex-candidate. Il salue son courage à venir «en terres de mission» comme il dit, c'est à dire bien ancrées à droite. Partie de la gare de l'Est à 7 h24, Ségolène Royal regagnera Paris à 20 h34. Une journée de 13 heures. Elle dit: «Je suis au travail». Pendant que les autres se bagarrent.
Paul Layer est d'autant plus retourné qu'il est rocardien et que son patron vient de signer une de ces méchancetés dont il a le secret contre Royal. «Mais où on va?», demande le vieux militant. «Mais il est malade?». C'est Ségolène qui le réconforte, refuse toute polémique - «par dignité, par respect, il y a trop de problèmes dans ce pays».
Même à Ribeauvillé, la belle cité vigneronne, l'usine Sony vient d'annoncer un 5e plan social: 230 licenciements. Les téléphones portables sont fabriqués en Chine désormais et la sous-traitance peut être un jour délocalisée. Royal rencontre syndicats et direction puis livre son commentaire dans le petit matin frais, sur fond de Haut-Kœnigsbourg.

La déliquescence
de Rocard


«Il n'y a pas de fatalité» - le groupe Sony Ericsson se porte bien. «Il n'y a que de la désinvolture... Nicolas Sarkozy doit se remuer. Qu'il se mette au travail!», dit Royal. «Il n'a pas le temps, il est en lune de miel», ose une ouvrière. «Un pouvoir qui abandonne ses salariés et ses entreprises est un pouvoir immoral», dit Royal. Les mots reviennent comme un flot.
Une heure plus tard, elle déjeune à Strasbourg dans le restaurant coopératif et d'insertion du Bergsee. Ce n'est pas Louxor ici et ce n'est pas par hasard. Les anciens rivaux sont à ses côtés: Roland Ries qui conduit la liste du PS et Catherine Trautmann. L'honneur est sauf.
«Le président de la République lui-même a dit que ce serait un test national... Ces municipales sont un enjeu majeur», dit Ségolène Royal. «C'est le moment de donner un bon avertissement au pouvoir central. Et en même temps c'est l'occasion de choisir un bon maire!», dit-elle pour se rattraper.
Trautmann peine à juger trop sévèrement Michel Rocard... Elle dit qu'elle proposera «une pause dans les polémiques personnelles». Vincent Peillon, fidèle Royaliste, n'attend pas une bien hypothétique trêve au PS, il flingue «la déliquescence morale, intellectuelle et politique» de Michel Rocard. «Ce n'est pas la première fois et ce n'est pas une belle sortie pour lui». Voilà Papy Rocard chaudement poussé vers la maison de retraite.

Thé dansant
et petites retraites

Il n'y a pas que des retraités aigris. Après un thé à la menthe et une pâtisserie orientale avalée au restaurant Mosaïque, tenu par des femmes du Maghreb au quartier du Neuhof, Ségolène Royal a poussé jusqu'à Hautepierre. Là même où le ministre Sarkozy se plaisait à venir au contact de la banlieue. Changement de décor, aujourd'hui au centre social Le Galet, c'est thé dansant au Club des aînés.
Quelques notes de Marseillaise au synthé vite fait, suivies de «Je suis une fleur de Paris». Pierrot, le président est «ravi» d'accueillir Ségolène Royal et Roland Ries. Les autres, très majoritairement, aussi. Interminable séance photos, mains serrées à toutes les tables. Jean-Baptiste, 58 ans et l'œil séducteur jure avoir mis «une cravate rouge pour Ségolène».
Roland Ries est emporté par une cavalière. Elle, préfère lancer au milieu des groupies qui l'entourent le mot qui fâche: retraite. «J'ai 625 euros pour 40 ans de travail! Je suis écœurée», éructe Paulette, ex-restauratrice. «Il n'y en a que pour les gros!» Effet garanti. «Et il avait promis 25% de hausse des petites retraites», glisse Royal qui ajoute pour enfoncer le clou: «Et on attend toujours!» Comme si elle était retraitée...
16/01/08
Est Républicain


mardi 15 janvier 2008

Ségolène Royal : Nicolas Sarkozy se prend pour "Louis XIV"

AFP - Lundi 14 janvier, 10h55

PARIS (AFP) - Ségolène Royal a une nouvelle fois durement critiqué le comportement du chef de l'Etat se moquant d'un Nicolas Sarkozy qui se prend pour "Louis XIV", lundi matin sur Europe 1.

"Nicolas Sarkozy a choisi de faire des évènements de la vie privée des évènements publics, comme Louis XIV : vous avez le petit matin du roi, le déjeuner du roi, le coucher du roi, les maîtresses du roi", a dénoncé l'ex-candidate à la présidentielle.

C'est "un peu comme la monarchie où chaque évènement privé du roi était un évènement politique", a-t-elle poursuivi.

"La presse étrangère est extrêmement sévère" sur ce comportement. "Elle se demande même si Nicolas Sarkozy a la carrure", a affirmé Mme Royal.

"L'opposition doit être déterminée parce que ce qui se passe aujourd'hui n'est pas bon, les décisions ne sont pas bonnes. On a un pouvoir désinvolte, il faut mettre fin à cette désinvolture", a-t-elle insisté.

Selon la présidente de la région Poitou-Charente, "il faut aujourd'hui" que le président de la République "redise la vérité, qu'il recadre un peu tout cela, que la France récupère la dignité de la fonction présidentielle, qu'on remette le pays sur les rails et qu'on fasse des réformes sérieuses, durables et justes".

Si de telles réformes sont mises en oeuvre "je serai la première à les soutenir", a-t-elle assuré, indiquant qu'elle attendait "en particulier beaucoup du plan sur les banlieues" de Fadela Amara. "J'espère pour elle que l'Etat, le gouvernement va lui donner les moyens de faire un vrai plan pour les banlieues en appui sur les maires", a-t-elle dit.

dimanche 13 janvier 2008

Ségolène Royal au journal de France2 du 12/01/08

Ségolène Royal s'en prend à Nicolas Sarkozy "l'exhibitionniste"

Par Laure Bretton Reuters - Samedi 12 janvier, 18h25

SAINT-BRIEUC, Côtes d'Armor (Reuters) - Ségolène Royal prend ses marques dans la bataille des municipales, revendiquant son engagement aux côtés de la "France vraie", face à Nicolas Sarkozy tout autant qu'aux "éléphants" du Parti socialiste.

À Saint-Brieuc pour son premier déplacement politique de l'année, l'ancienne candidate socialiste à l'Élysée a demandé samedi aux électeurs de gauche de prendre au mot un président "exhibitionniste" en faisant des scrutins de mars un "test national".

"Nous allons lui répondre dans les urnes en votant massivement pour la gauche", a-t-elle assuré devant plusieurs centaines de personnes réunies à l'occasion des voeux de la candidate PS à la mairie, Danielle Bousquet, qui faisait partie de son équipe de campagne au printemps dernier.

Dans un discours d'une vingtaine de minutes, Ségolène Royal s'est parée des habits de "première opposante" au chef de l'État, qui lançait au même moment l'UMP dans la bataille des municipales lors d'un discours à Paris.

"Nicolas Sarkozy, c'est l'exhibitionnisme et la provocation et nous nous voulons une République simple et des comportements pudiques. Nicolas Sarkozy, ce sont des annonces perpétuelles et désordonnées et nous nous voulons des réformes vraies justes stables et durables", attaque-t-elle.

"Le roi s'amuse. Il vit comme un milliardaire. Il s'offre des bijoux de milliardaire et pendant ce temps-là nous, nous attendons des solutions", dénonce-t-elle, se félicitant d'être du côté de "la France vraie (...) la France authentique, la France sérieuse".

Sa brève visite dans un ancien bastion de la gauche rocardienne tombé aux mains de l'UDF lors des municipales de 2001 lui a également permis de prendre le pouls des militants.

À Paris, ses velléités de moins en moins cachées de briguer le poste de premier secrétaire du PS ont suscité une vague d'hostilité mais en Bretagne personne ne semble les lui reprocher.

"EN AVANT"

Sur son parcours, c'est toujours le même enthousiasme - "Tenez bon!", "Merci pour ce que vous faites!" - mais l'auditoire est plus clairsemé et plus âgé. Devant la salle Robien, la fédération PS des Côtes d'Armor a installé un haut-parleur en cas d'affluence mais tout le monde rentre aisément à l'intérieur pour écouter les deux oratrices et déguster une galette des rois.

En petit comité, la présidente de Poitou-Charentes se livre à une explication de texte. En s'impliquant dans les municipales - elle dit avoir reçu une centaine d'invitations et devrait se rendre, entre autres à Tours, Toulouse, Bordeaux, Blois et peut-être Marseille - elle fait "(s)on devoir". "C'est le contraire qui aurait surpris", estime-t-elle.

Cependant, "ce n'est pas faux" de dire qu'elle a fait un "pas supplémentaire" vers la tête du PS. "Il y a des étapes" avant de se déclarer officiellement et "je vais tout faire pour réussir ces étapes".

Après avoir réglé ses comptes par livre interposé, elle assure qu'elle n'est "pas en opposition avec quoi que ce soit ou qui que ce soit". "Je me situe en avant", glisse-t-elle.

Son programme? "Incarner de nouvelles espérances" pour les Français et faire émerger une nouvelle génération de dirigeants au sein du PS et ce "quelle qu'ait été leur attitude pendant la campagne".

L'ex-candidate qui se présentait comme la seule à même de réconcilier le "oui" et le "non" socialiste à la Constitution européenne a éludé à plusieurs reprises les questions sur la stratégie de boycott du congrès de Versailles avant la ratification parlementaire du traité simplifié.

L'important c'est que l'Europe redémarre, lui "donner du contenu", confie-t-elle par la suite, affirmant ne vouloir sous aucun prétexte relancer la "polémique" au sein du PS.

Dans le "Bistrot de la poste", la séance de café matinal a tourné à l'audience. "Approchez, approchez", intime-t-elle aux curieux venus, qui la saluer, qui l'interroger sur la "laïcité positive" de Nicolas Sarkozy. "Et vous, qu'en pensez-vous?", questionne-t-elle maniant une fois de plus l'esquive.

Signe que la campagne repart de plus belle, celle qui se plaignait souvent de l'omniprésence des photographes pendant la présidentielle recadre un militant local qui leur demande de quitter la pièce. "C'est bon, c'est bon, on est là pour ça!".

mercredi 9 janvier 2008

"Le temps des illusions se termine, celui de l'inquiétude commence"

Pour Royal, Sarkozy est le "commentateur de son inaction"
Vidéo envoyée par rue89

Les sept mois de Sarkozy, la fin des 35 heures, la fin de la pub sur les chaînes publiques, la vie privée du Président... Ségolène Royal est revenue en détails sur la conférence de presse du chef de l'Etat, quelques heures après, depuis son QG du boulevard Raspail à Paris.


L'article sur Rue89

message de Gérard Denecker

Lettre à mes amis socialistes : «ne cédons pas au découragement»

Qui pourrait raisonnablement contester l’ampleur du mouvement d’opinion qui s’est manifesté autour de Ségolène Royal ? Dix sept millions de Français lui ont fait confiance !

En dépit de quelques éléphants qui se sont complu, lors de la campagne de désignation, en allusions dissuasives, en petites phrases de mise en doute de ses « compétences ». En dépit aussi d’éléphanteaux diffusant une cassette sauvage sur l’école ou organisant quelques sifflets anti-Ségolène au Zénith… En dépit encore de ces « ténors » qui, s’estimant dépossédés de leur « dû », ont fait campagne en traînant les pieds, tandis que la droite et les médias reprenaient avec gourmandise leurs arguments sur les prétendues « bourdes » de pré-campagne de leur « propre » candidate ! Ce fut comme une folle tentative d’autodestruction d’un parti par ses propres notables, abusant du pouvoir que le jeu malsain des écuries et des clans leur avait attribué, tentative poursuivie au lendemain du scrutin par la publication de livres-pamphlets vengeurs signés d’irrascibles plumitifs …

Et la folie perdure, à voir contester aujourd’hui à celle qui a porté bien haut la confiance et les espoirs des socialistes il y a quelques mois, le droit même de se manifester ! En fait, elle gêne ces quelques notables d’appareil et de clans qui rêvent de la voir s’effacer… Au moment où le PS est jugé inaudible, où le besoin de leadership se fait cruellement sentir, où Sarkozy commence à lasser, au moment où il serait avisé de nous consacrer ensemble à préparer l’échéance de mars prochain !

Comment un parti de gouvernement peut-il continuer à fonctionner de la sorte, alors qu’une large part des énergies est consacrée à d’aussi vaines et destructrices polémiques internes, et ceci à la grande satisfaction de la droite ? Dire que cela dure depuis 2004… Dire que cela est devenu pratique courante dans un parti socialiste où l’action collective devrait prévaloir sur les intérêts personnels …

En ce début d’année, au delà de l’adversité dont nous avons le sentiment qu’elle nous accable, qu’il me soit permis d’adresser à mes amis socialistes un message d’espoir :

« Ne nous décourageons, le combat ne s'arrête jamais : vivre, c'est lutter ! «

  • Soyons assez forts pour rejeter sans ménagement petitesses et "règlements de comptes". De telles dérives sont si injustes, elles nous ont coûté si cher !

  • Soyons assez forts pour remettre clans, éléphants et éléphanteaux à leur place, ils ne sont une garantie, ni de modernité, ni de rénovation … C’est nous, les militants, qui avons majoritairement choisi et soutenu Ségolène Royal : elle s’est battu courageusement, elle a honoré notre choix et largement ouvert la voie à la rénovation. Elle dispose de notre confiance et nous n’accepterons pas de voir remis en question notre choix tous les six mois !

· Soyons assez forts pour ouvrir grandes les portes et refonder la gauche, pour aider Ségolène à conforter son leadership et poursuivons ensemble le combat engagé.

C’est à l’intérieur du PS que se joue sa reconstruction, aussi faisons nous un devoir d’y être le plus nombreux possible et d’y faire prévaloir notre détermination !

Le 8 janvier 2008 Gérard Denecker

mardi 8 janvier 2008

Bianco: le PS ne doit pas attendre novembre pour désigner son leader

PARIS (AFP) - Jean-Louis Bianco, député PS et ancien directeur de campagne de Ségolène Royal pour la présidentielle, a estimé lundi que le PS ne devait "pas tarder et ne pas attendre novembre" 2008 pour désigner son nouveau Premier secrétaire".

"Il faut d'abord gagner les municipales mais il ne faut pas tarder et ne pas attendre novembre. C'est tard", a déclaré M. Bianco sur i-Télé.

"Le PS a besoin d'un leader. Ce que Ségolène Royal a de plus" que Bertrand Delanoë, c'est "une capacité de bousculer les tabous, à regarder la réalité comme elle l'est, à imposer des nouveaux thèmes", a-t-il affirmé.

Citant les positions de l'ancienne candidate à l'Elysée sur la réduction du temps de travail, la Nation ou la sécurité, M. Bianco a jugé qu'elle avait "ouvert des voies dont (il) constate qu'au PS beaucoup les partagent".

Il a enfin estimé que Mme Royal n'aurait pas une légitimité moindre que M. Delanoë si ce dernier remporte les municipales à Paris car "la légitimité, on l'a quand on a fait le meilleur score jamais fait par un candidat de gauche".

En outre, "dans les sondages, elle est régulièrement citée par les sympathisants de gauche comme la plus capable de porter la rénovation, de redonner un PS attractif qui réponde aux besoin des gens", a-t-il ajouté.

samedi 5 janvier 2008

« J'ai beaucoup réfléchi, beaucoup consulté... »

Propos recueillis par Philippe Martinat - Le Parisien

Vous envisagez désormais de prendre les rênes du PS, mais ne vous en êtes-vous pas tenue trop éloignée depuis l'élection présidentielle ?

Ségolène Royal. Je ne le crois pas. J'ai profité de ces quelques mois pour lire, écrire le bilan auquel je m'étais engagée*, travailler sur le fond et accepter des invitations politiques à l'étranger. Et à chaque fois avec des élus et des responsables socialistes ! Et consacrer du temps à mes enfants et à mes amis. Cette respiration était nécessaire. Du coup, cela a créé une interrogation sur mes projets. Certains m'ont crue anéantie. Eh bien non ! J'ai beaucoup réfléchi, beaucoup consulté, et j'ai entendu tous ceux qui me demandaient si j'allais les laisser tomber. Je pense notamment aux jeunes des quartiers, mais pas seulement, qui attendent tellement que la politique change, et à d'autres qui ont cru à certains slogans et qui aujourd'hui se sentent trahis et nargués.

Vous pensez que les courants, dans l'opinion comme au PS, vous sont encore porteurs ?

Dans de multiples signes quotidiens, je peux vous dire que le lien avec les Français est resté intact. A chaque fois, j'en éprouve la même émotion. Tant de gentillesse, de générosité, d'attente ! Les millions de voix qui se sont portées sur mon nom au second tour de la présidentielle me donnent surtout des devoirs et une incontestable expérience. Personne ne peut contester qu'il y a un potentiel à mettre au service du PS et de la préparation de l'alternative. Je suis très heureuse de voir que beaucoup des idées que j'ai portées durant la campagne sont aujourd'hui largement reprises, notamment dans le cadre des forums du PS. Nicolas Sarkozy continue de piller les propositions qu'il combattait il y a encore six mois, je pense à la réforme de l'indice des prix. Il vient même de reconnaître qu'on ne peut réformer un pays sans dialogue social, quelle découverte ! Mais que de temps perdu et de dégâts en sept mois ! Il a aussi dérobé à Edgar Morin le concept de « politique de civilisation », alors que sa méthode est aux antipodes de cette humanisation des politiques publiques.

Certains vous reprochent de lancer une offensive pour prendre le contrôle du parti alors que démarre la campagne des municipales...

Je m'intéresse à l'avenir du PS, je travaille et j'irai jusqu'au bout de ce travail en équipe. Ne nous trompons pas. Ce sont les polémiques entre socialistes qui nuiraient à la dynamique de la campagne municipale. Et je mets en garde ceux qui s'amuseraient, une fois de plus, à se tirer une balle dans le pied. Car, voyez-vous, c'est le mouvement qui fera gagner des mairies supplémentaires. J'ai fait bouger les lignes durant la campagne. Le travail politique doit d'abord se faire sur les idées. La question du leadership et de ma responsabilité se posera à ce moment-là, et à ce moment-là seulement.

Ecartez-vous l'hypothèse de vous rallier à un premier secrétaire autre que vous-même ?

La question n'est pas d'actualité. Cela ne vous empêche pas de pousser les feux du débat interne... Tant mieux s'il y a du débat ! Pour moi, la politique, c'est faire mouvement d'entraîner, de donner envie.

Quand souhaitez-vous que le congrès ait lieu ?

Ce qui compte, c'est le contenu. Et il faut que les socialistes soient fraternels les uns avec les autres quelle que soit la densité des débats, qui doivent être utiles à la France.

Quel est votre programme immédiat ?

Retravailler avec tous les socialistes, y compris ceux qui hier n'ont pas été à mes côtés, pour rassembler, réunir, consulter, discuter, proposer. Stimuler les forums participatifs dans le cadre des municipales. M'impliquer pleinement aux côtés des candidats aux municipales et cantonales qui me le demandent. Poursuivre le travail de réflexion en profondeur pour le mettre demain au service des Français, pour le traduire en action et en résultat. Et participer, le 20 janvier, au forum sur la rénovation du PS qui se tiendra à la Mutualité, à Paris.

* « Ma plus belle histoire c'est vous », Editions Grasset.

Hier, Ségolène Royal est venue apporter son soutien à José Bové. L'altermondialiste a entamé une grève de la faim pour obtenir l'activation par le gouvernement de la clause de sauvegarde à Bruxelles, qui permettrait d'interdire la culture du maïs OGM en France. « Je respecte et je salue ce courage politique », a lancé Ségolène Royal à Bové, installé dans un bâtiment occupé par l'association Droit au logement avec une quinzaine d'autres militants, rue de la Banque (Paris II e ). Elle a également salué « sa posture morale ».

vendredi 4 janvier 2008

Ségolène Royal a pris une résolution pour la nouvelle année. En 2008, elle se verrait bien première secrétaire du Parti socialiste. L’ex-candidate à la présidentielle (47 % des voix au second tour) a affirmé hier pour la première fois sa volonté de prendre la tête du PS. «Je compte aller jusqu’au bout de ce que j’ai entamé au cours de cette campagne présidentielle pour rénover la gauche», a-t-elle lancé sur France 2. Avant de préciser, en réponse à une question sur le congrès du PS fin 2008 et le remplacement de l’actuel premier secrétaire, François Hollande : «Si je suis capable de rassembler les socialistes sur cette offre politique, j’irai jusqu’au bout de cette démarche.»


Ce coming-out de Royal a rouvert fissa la boite à gifles. La plupart sont parties du front hétéroclite et encore souterrain des «reconstructeurs» (lire ci-contre) : du strauss-kahnien Jean-Christophe Cambadélis à l’ex-royaliste Arnaud Montebourg, en passant par le député européen Benoît Hamon. «Avec ses deux millions de voix de retard sur Nicolas Sarkozy et le flou artistique de son offre politique et stratégique, elle n’est pas la plus légitime pour incarner la rénovation du PS», a par exemple réagi le leader du NPS.

Trancher. Ségolène Royal aura donc profité de la trêve de Noël pour trancher la question qui divisait jusqu’ici son entourage. Comme lors de la course interne à la désignation présidentielle, la présidente de la région Poitou-Charentes cherche à prendre de vitesse ses rivaux. Et notamment le plus dangereux d’entre eux, compte tenu de l’exil de Dominique Strauss-Kahn au FMI : Bertrand Delanoë, contraint de garder un pied sur le frein, campagne municipale oblige. Mais, redoutée par nombre de socialistes, la perspective d’un duel Royal-Delanoë semble désormais inévitable. «Tout le monde sait que c’est une folie, mais tout est en train de se mettre en place, résume un député. Comme un processus mécanique, qui nous amène à un nouveau congrès de Rennes…»

Reste que Royal comme Delanoë ont des motifs d’embarras. Pour la première, qui ne siège pas à l’Assemblée nationale et n’est pas candidate aux municipales, il s’agit de maîtriser le tempo. «Royal veut donner l’illusion qu’elle donne le la, car elle ne peut pas se permettre d’assister en spectatrice au sacre de Delanoë comme roi du PS à l’issue des municipales», expliquait hier un dirigeant du PS. Pour ne pas faire de la figuration pendant la campagne, des déplacements sont prévus, le premier à Saint-Brieuc (Côtes-d’Armor), le 12 janvier. Royal devra aussi apprendre à mettre les mains dans la machinerie du parti : «Le vrai problème, si elle décide de s’organiser, c’est de savoir si elle en est capable. Il y a encore du boulot à faire…», reconnaît un proche.

Tout aussi délicate est la position de Delanoë. «Il veut s’investir d’abord dans sa campagne, ensuite dans la rénovation du PS», explique Harlem Désir. «Jusqu’au mois de mars, Delanoë est bloqué, résume un autre proche. Il ne peut guère faire plus que ce qu’il fait aujourd’hui.» A savoir, faire plancher ses amis. Et apparaître consciencieusement à tous les raouts socialistes pour faire valoir un légitimisme que n’aurait pas sa rivale. Car pour les amis du maire de Paris, c’est bien sur le terrain du rapport au parti que se jouera le match : «Pas sûr que pendant la campagne des municipales, la stratégie de Royal de diabolisation permanente du parti et d’attaque des éléphants sera vue d’un très bon œil», estime Anne Hidalgo, adjointe de Delanoë.

Belliciste. Certains proches de Royal tentent bien de tempérer l’opposition avec Delanoë, comme Michel Sapin : «Il y a entre eux des différences de culture et d’histoire. Mais je ne vois pas de points fondamentaux qui les opposent.» Mais cette vision des choses est quelque peu enjolivée, aux yeux de l’entourage de Delanoë : «On entend dire qu’il n’y a pas de différence, qu’ils abordent les questions de société de la même façon. Mais Delanoë est un progressiste, qui pratique une véritable démocratie participative. Royal, elle, cherche une relation directe avec le peuple, sans corps intermédiaire. Il y aura de toute façon une bataille.» Une vision belliciste que partageaient avant Noël certains membres du camp adversaire : «Elle doit prendre la tête de la rénovation. Et rapidement.» Ils ont été entendus.

Reste l’arithmétique : celle de la majorité, nécessaire pour l’emporter au congrès. François Hollande, qui entend toujours peser dans le jeu d’ici son départ (il a réuni mi-décembre une trentaine de premiers fédéraux), nourrit le projet d’un rapprochement politique avec son ex-compagne. Projet partagé avec certains royalistes, comme François Rebsamen ou Michel Sapin. «Il y a deux légitimités dans ce parti : celle du premier secrétaire, celle de la candidate, explique ce dernier. Il faut les additionner pour former une majorité.» Mais la parution du livre de Ségolène Royal a quelque peu compliqué cette perspective. En attendant, Royal et Delanoë semblent lancés, selon un député, comme «deux trains qui foncent à grande vitesse l’un contre l’autre».


jeudi 3 janvier 2008

interview de Ségolène Royal du 3 janvier 2008

Les 4 vérités avec Jeff WITTENBERG

"servir à fond le parti socialiste"

mercredi 2 janvier 2008

Pourquoi augmenter Sarkozy si Bolloré paie ses vacances

A l'inverse de Montebourg, Ségolène Royal et François Hollande ont touché juste : l'équipée égyptienne du président contredit ses engagements et révèle un président m'as-tu vu.


A propos des vacances égyptiennes du président de la République, combien de réactions inadéquates pour paraître virulentes !
Je ne crois pas une seconde, contrairement à ce qu'ont pu soutenir Arnaud Montebourg et, sur un autre registre, Benoît Hamon, que le risque est de voir Nicolas Sarkozy empêtré dans les liens de service et de dépendance au bénéfice du milliardaire Bolloré. Certes, il y a mille manières d'être l'obligé de quelqu'un mais qui peut penser que l'un et l'autre seraient assez mal avisés pour s'aventurer, même du bout de la morale, dans une telle démarche ? Trop prudents ou trop intègres, je ne sais. En tout cas, placer la polémique sur ce terrain n'a pas de sens et permet à l'opinion de ne pas s'en soucier, tant la charge est perçue actuellement comme absurde.
Mais lorsque l'intelligence s'en mêle, c'est autre chose. On a beau dire, sur ce plan Ségolène Royal et François Hollande demeurent incomparables
Le second a parfaitement ajusté sa cible en dénonçant le mensonge présidentiel. L'augmentation du traitement du président était notamment destinée à lui faciliter le paiement de ses dépenses personnelles. On a constaté ce qu'il en était avec le voyage aux frais de Bolloré ! Une telle contradiction n'est pas dérisoire car elle manifeste le peu de crédit qu'on doit attacher aux engagements présidentiels pour ce qui concerne l'utopie, cyniquement avancée lors de la campagne, d'une République irréprochable.

Ségolène Royal comprend le poids de l'apprence
La première, dont la tenue, dans tous les domaines, est difficilement critiquable, a justement mis en cause les atteintes graves portées à la fonction présidentielle par la vulgarité ostentatoire et les gracieusetés luxueuses offertes à Nicolas Sarkozy. En effet, ce sont la grandeur et la dignité de ce poste éminent qui sont altérées et ce n'est pas rien. Ségolène Royal est peut-être la seule dans le monde politique, toutes tendances confondues, à comprendre, parce qu'elle a, quoi qu'on en dise, rigueur et éducation, l'importance de l'allure, le poids de l'apparence. Il est évident qu'on n'a pas à craindre que Nicolas Sarkozy rembourse Bolloré mais, profondément, le mal est déjà fait. Un président de la République ne saurait oublier qu'il est comptable non seulement de ses actes et de sa politique mais de la manière dont il s'inscrit, lui, dans l'espace public ou même privé, quand ce dernier est volontairement révélé et galvaudé
Etonnant comme cette nécessaire exemplarité non seulement passe au second plan mais n'est même pas invoquée. Cette carence signe subtilement le déclin d'une démocratie. L'intelligence de François Hollande et de Ségolène Royal a pour contrepartie la bêtise de ceux qui viennent défendre le comportement du président. Ils l'accablent en croyant le soutenir. Je pense notamment aux pitoyables répliques de Balkany et de Santini. Aucun des deux n'a même suggéré qu'il puisse y avoir une difficulté au niveau de l'image présidentielle. Lorsque l'amitié, l'inconditionnalité et la pauvreté de l'analyse atteignent de telles proportions, c'est la démonstration éclatante de la faillite d'un système devenu plus monarchique que républicain. Après le roi soleil, un président m'as-tu vu ?

Un président sans aucune tenue
Pourquoi y a-t-il cette répugnance à abonder dans le sens de Ségolène Royal ? Pas seulement, je le crains, à cause des clivages partisans mais en raison de la propension de tous à être si habitués à l'inéluctable dérive et dégradation des attitudes et comportements personnels que personne ne s'en préoccupe plus. Le savoir-vivre est tellement violé qu'il vaut mieux décréter son abolition et son inutilité plutôt que de tenter de l'infléchir dans le bon sens. Les idées succédanées des chagrins, comme l'a écrit Marcel Proust. On a un président qui n'a aucune tenue, sinon intellectuelle. On va sans doute théoriser de plus en plus le fait que c'est une chance pour la France.
Alors qu'une politique sans l'allure de celui qui l'inspire, c'est plus une frustration qu'une satisfaction. Il n'est pas commode d'être écartelé entre celui qui se prétend dans la lignée gaulliste et le personnage de Labiche, entre l'agitateur intellectuel, l'homme à tout faire et le rouleur de mécaniques.
Il est vain de conseiller le président sur ce plan. C'est sans doute la seule faille dans son agilité mentale et l'alacrité de son esprit. Plutôt que de ne pas renouveler l'épisode Bolloré et d'analyser les critiques, il fait l'inverse. Et c'est l'Egypte et c'est le pied de nez qu'il adresse aux donneurs de leçons légitimes.
Mais s'il gagne un temps, s'il s'amuse bien une seconde, c'est la France qu'il ridiculise.
Jusqu'en 2012, la France c'est lui !

Mercredi 02 Janvier 2008 - 00:04
Frédéric Moreau marianne

mardi 1 janvier 2008

meilleurs voeux

L'année de la morale des comportements et des résultats.

lundi 31 décembre 2007

TF1:1- Fontenay: 0 c'est encore une victoire de Sarkozy

La confirmation de la couronne de Miss France a fait l'objet d'une campagne très instructive sur la mainmise de la chaîne sarkozyste sur un événement qu'elle sponsorise.


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samedi 29 décembre 2007

Message de JP Mignard, pdt de Désirs d'avenir

"Bonjour à tous,

Vous avez choisi depuis quelques semaines de m'accorder votre confiance et je souhaitais, en cette période de voeux, vous dire que je suis à votre écoute dans vos enthousiasmes politiques, que nous partageons, comme dans vos découragements qui parfois arrivent après des mois de campagnes intenses.

Depuis plusieurs mois, nombre de militants socialistes quittent en masse notre parti sans doute à cause de trop nombreuses petites phrases ou pamphlets vengeurs qui ont écorné le capital confiance des Français envers cette force pivot à gauche mais aussi à cause de situations locales parfois tendues humainement.

Militant du Parti Socialiste depuis de nombreuses années, je veux avec vous tous que nous réussissions la rénovation de notre "vieille maison", selon la formule célèbre de Léon Blum, et que Désirs d'Avenir joue un rôle central sur le plan de l'invention des nouvelles idées et pratiques qui composeront l'identité du PS de demain.

Ségolène nous l'as dit le 6 Décembre dernier sur France 2: "Ne baissez pas les bras! Restez ! Ceux qui sont partis, revenez ! Le Parti socialiste va se remettre en mouvement. Les militants seront de toute façon, à un moment ou à un autre, consultés et moi, j'ai confiance, je veux continuer à porter cette espérance qui s'est levée pendant la campagne présidentielle".

J'ajouterais donc, pour nos membres qui n'ont pas encore franchi le pas, que, si vous souhaitez avoir votre mot à dire en 2008, rejoignez nous avant le 31 Décembre au Parti Socialiste. Pour adhérer, il vous suffit d'aller à l'adresse suivante : http://adherer.net/perl/getHtml.pl
Joyeuses fêtes,

Jean-Pierre Mignard"

jeudi 27 décembre 2007

Pour Royal, Sarkozy rabaisse la fonction présidentielle

P.V.
QUOTIDIEN LIBERATION : jeudi 27 décembre 2007

C’était prévisible. Et il n’est pas impossible que cela amuse le président de la République. Le voyage offert par l’homme d’affaires Vincent Bolloré pour les congés du chef de l’Etat, de sa nouvelle amie, la chanteuse Carla Bruni, et de sa suite, a relancé la polémique sur les tendances people de Sarkozy. Une polémique qui ressemble à s’y méprendre à celle qu’avaient suscitée les largesses de cet ami du Président et riche homme d’affaires, lorsqu’il lui avait (déjà) offert un somptueux voyage à bord de son Falcon pour une croisière sur son yacht au large de Malte, en mai. Mais le Président «paillettes», visiblement, se contrefiche de cette controverse. Pourtant, hier, son ex-adversaire de la présidentielle Ségolène Royal l’a carrément accusé de «mettre en cause l’indépendance et la dignité de la fonction présidentielle», lui demandant de cesser de «provoquer par son comportement ostentatoire». Le porte-parole du PS, Benoît Hamon, lui, l’a soupçonné de se faire acheter : «Comment M. Bolloré a réussi en affaires ? En faisant de bons investissements. Eh bien, aujourd’hui, il continue à faire des investissements, et Nicolas Sarkozy est pour M. Bolloré un bon investissement.» Pour sa part, Alain Krivine, de la LCR, lui a reproché de se livrer à «une vraie provocation, au moment où il demande aux gens de se serrer la ceinture». Quant au PCF, il a tancé Sarkozy, l’appelant à «un peu de tenue». La défense a été assurée par un très proche du chef de l’Etat, Patrick Balkany, qui sur RTL a comparé, sans rire, Bolloré et son jet à «un ami qui vous [prêterait] sa voiture».

mercredi 26 décembre 2007

Royal: des "solutions simples" existent pour résoudre la crise du logement

AFP - Lundi 24 décembre, 14h09

PARIS (AFP) - Ségolène Royal a estimé lundi que des "solutions simples" existent pour résoudre la crise du logement, proposant notamment "la réquisition des logements spéculatifs" et la substitution de l'Etat aux communes ne respectant pas leurs obligations en matière de logements sociaux.

"Le jour de Noël, c'est là on s'en doute qu'on prend conscience de la façon la plus aiguë des inégalités criantes, qui loin de se réduire s'aggravent en France", a affirmé l'ex-candidate à la présidentielle après une visite de la cité Saint Martin, structure d'hébergement d'urgence du Secours catholique qui abrite quelque 150 personnes dans le IVe arrondissement.

Selon Mme Royal, "des solutions simples existent, il y a des moyens d'agir très rapidement" et si le gouvernement ne les adopte pas c'est qu'il "ne veut pas bousculer" les communes de droite qui ne respectent pas leurs obligations.

Elle propose donc que "l'Etat se substitue aux 700 communes qui ne construisent pas les 20% de logements sociaux" prévus par la loi SRU (solidarité et rénovation urbaine) et à celles qui ne respectent pas "le quota d'un logement d'urgence pour 1.000 logements".

Il faut, par ailleurs, "donner aux communes la possibilité de réquisitionner des logements vacants spéculatifs", a dit la présidente de Poitou Charentes.

Elle a dénoncé la vente de terrains appartenant à l'Etat et aux différents ministères "à des prix spéculatifs". Ces terrains doivent être "mis à la disposition des communes pour qu'elles puissent construire des logements à des prix modérés", a-t-elle affirmé.

Yannick Noah : l'anti-Bigard ?

Tiens, un people qui balance ! On n'avait pas vu ça depuis… longtemps. Dans un entretien au JDD, le tennisman-chanteur raconte comment l'entourage de Nicolas Sarkozy a tenté de « l'acheter » pour un concert du Champs de Mars. Edifiant.


Etonnant entretien de Yannick Noah, dimanche 23 décembre, à nos confrères du JDD. Entre deux commentaires sur sa tournée, sa vie de star et de tennisman, celui qui a ravi à Zidane le titre de personnalité préférée des Français lâche quelques commentaires engagés. Soutien de Ségolène Royal pendant la campagne, il lui réaffirme sa loyauté. Mais surtout, il critique ouvertement Nicolas Sarkozy. Les dépêches et articles qui ont repris cette saillie inattendue sont unanimement marqués par le fait que Yannick Noah se dise « choqué » et « dégoûté » par la politique présidentielle. Pourtant, l'info la plus dérangeante de cette interview est quelques lignes plus loin.

Surbordination de soutien
Noah affirme que « l'entourage présidentiel » l'a sollicité pour qu'il se produise en concert à l'occasion du 14 juillet, moyennant une importante somme versée à son association, Fête le mur. Pour « rigoler », Yannick Noah explique qu'il a laissé entendre qu'il accepterait si cette somme était multipliée par quatre. Dès le lendemain, le fameux « entourage présidentiel » lui faisait savoir que c'était d'accord ! Evidemment, Noah a refusé. Une bonne leçon, en tout cas, pour Mireille Mathieu qui n'a sans doute pas négocié aussi habilement sa prestation du 6 mai place de la Concorde…
Du côté de l'Elysée, pas un bruit. Interrogé par Marianne2.fr, le château n'infirme ni ne confirme l'accusation de la star. Bigard ou de Carla Bruni, pourquoi pas, mais Yannick Noah, sûrement pas. C'est dommage, pour une fois qu'on ne parlait pas de vie privée !

Lundi 24 Décembre 2007 - 16:20
Anna Borrel
Marianne2.fr

dimanche 23 décembre 2007

Yannick Noah: «Tout me choque» dans l'action de Sarkozy

«Le déballage de richesse, le cynisme me choquent. La désinformation me choque», déclare-t-il au Journal du Dimanche.
LIBERATION.FR : samedi 22 décembre 2007


Yannick Noah, qui avait soutenu Ségolène Royal lors de l’élection présidentielle, a déclaré que «tout (le) choque» dans l’action de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République, dans un entretien au Journal du Dimanche.

«L’attitude, le ton, l’arrogance me choquent. Le déballage de richesse, le cynisme me choquent. La désinformation me choque», estime l’ancien joueur de tennis devenu chanteur, qui dit toujours soutenir Ségolène Royal.

«Je n’ai pas encore rencontré quelqu’un qui m’a dit ce qu’il avait vraiment fait», ajoute-t-il. «Qu’est-ce qu’il y a eu à part un brouhaha et de la godille? Quels problèmes ont été réglés?»

«Je ne veux même pas parler du côté diversion avec la mise en scène de sa vie privée, et tous les médias qui suivent. C’est le roi avec sa cour, et les courtisans se mettent à genoux», poursuit Noah, qui avait tenu des propos comparables dans le journal Le Parisien de samedi.

Il indique en outre avoir reçu une proposition de l’entourage de Nicolas Sarkozy pour participer au concert du Champ de Mars le 14 juillet dernier.

«J’ai dit OK mais pour quatre fois le prix proposé, en rigolant», affirme-t-il. «J’étais au golf quand ils ont accepté ma fausse proposition, le lendemain (…) Je ne suis pas un courtisan, même à ce prix-là».

Noah a repris à Zinédine Zidane le titre de personnalité préférée des Français, que l’ancien footballeur lui avait ravi en juillet 2006, selon le classement réalisé par l’institut de sondages Ifop pour le même numéro du JDD.

samedi 22 décembre 2007

Le baladin de Disneyland

Le roman des amours du président paraît découpé en épisodes de 52 minutes. Celui de ses actions aussi
Encore un succès de l'ouverture : au printemps dernier, Carla Bruni s'était prononcée en faveur de Ségolène Royal. Mais la politique n'a jamais empêché les sentiments. Et puis Nicolas Sarkozy a tenu parole : il avait promis de moderniser la vie française; il le fait. De la part d'un président abandonné il y a deux mois par son épouse, un épisode comme celui de Disneyland eût été inimaginable il y a encore une quinzaine d'années. Avec pourtant une constante : tout le monde a remarqué la ressemblance physique entre Carla et Cécilia. Beaucoup de femmes vivent plusieurs aventures différentes avec le même homme; beaucoup d'hommes vivent la même aventure avec des femmes différentes; Nicolas Sarkozy est de ceux-là.
Le voilà en tout cas condamné par son système de communication à nous raconter une nouvelle histoire chaque semaine. C'est le principe des telenovelas brésiliennes. C'est ainsi que le roman de ses amours paraît découpé en épisodes de 52 minutes; celui de ses actions aussi. Avant le sauvetage des infirmières bulgares, il y avait eu celui des enfants de Neuilly. On voit, semaine après semaine, Sarkozy l'Africain succéder à Sarkozy l'Européen, qui avait lui-même précédé Sarkozy l'Américain. Il en va de même avec ses entreprises de politique intérieure : et tant pis si on laisse les problèmes en plan une fois les caméras parties. Chaque nouvel épisode chasse le précédent. Kadhafi, quel Kadhafi ? The show mustgo on.

C'est pourquoi il faut prendre au sérieux Sarkozy quand il nous suggère, interview après interview, que la présidence de la République ne lui suffit pas. Mais là où Giscard et Mtterrand se contentaient de se rêver en écrivains et Chirac en ethnologue, Sarkozy, lui, s'invente plusieurs vies à la fois. Mais où veutil en venir, à la fin ? Entend-il avant tout faire étalage de la variété de ses dons ? Ou au contraire se cacher derrière la multiplicité de son personnage ? Le fait est qu'un certain trouble est en train de s'installer, non seulement sur la ligne politique mais sur l'identité même de Nicolas Sarkozy. L'étranger est tourneboulé et ricaneur; le Français est à la fois fasciné et perplexe et l'image du président se brouille chaque jour davantage.
En vérité, l'ambiguïté s'est installée dès le premier soir avec le va-et-vient entre le Fouquet's et la place de la Concorde, entre le CAC 40 et le Top 50, comme on disait naguère, entre Bernard Arnault et Mireille Mathieu.
Je sais bien que la France est par excellence le pays de la connivence incestueuse des élites, mais tout de même... Cet homme cultive le paradoxe, et il est difficile de croire que ce soit gratuitement. Est-il donc le militant de l'ouverture à gauche ou celui des cadeaux aux riches ? Le bourreau des «privilèges», quand il s'agit des cheminots, et le fourrier des petits arrangements quand il s'agit de son salaire ? Le champion des droits de l'homme et le libérateur des otages célèbres ou l'ami complaisant de Bush, Hu Jintao, Poutine, Chavez, Kadhafi ( série en cours ) ? L'amoureux éploré de Cécilia ou le séducteur de tout ce qui compte à l'écran ?

Car voici le dernier épisode, en forme de sapin de Noël : la liaison affichée avec Carla Bruni, véritable scène de dépit amoureux mais surtout cadeau de fin d'année à toute cette presse qui a pour seul point de vue sur l'avenir le trou de la serrure. Au vrai, nul besoin cette fois-ci d'interminables planques : c'est à Disneyland que l'Etat français luimême avait rendez-vous avec la romance : on ne fait pas plus galant ni plus romantique. La France, qui aime bien voir les amours de ses princes se teinter d'un peu de mystère et de beaucoup de panache, est pour l'heure abasourdie : nous voilà tombés des ferrets d'Anne d'Autriche et du collier de Marie-Antoinette dans la verroterie de fête foraine.
Quelqu'un a dit un jour que la présidence de la République était une bonne situation mais qu'hélas ! elle n'offrait pas de débouchés. Nicolas Sarkozy est en train de démontrer le contraire : l'Elysée est un endroit rêvé pour tout faire, absolument tout, y compris autre chose.

Jacques Julliard
Le Nouvel Observateur du 20/12/07

Région Poitou-Charentes: moins de cartes de voeux pour aider des licenciés

La région Poitou-Charentes, présidée par Ségolène Royal, a décidé de réduire fortement les cartes de voeux et de verser l'argent économisé aux personnes licenciées économiquement dans l'année.

"Nous avons décidé en région Poitou-Charentes d'attribuer aux 850 salariés licenciés économiquement en 2007, un chèque-cadeau, parce que souvent, ils n'ont même plus les moyens d'offrir un Noël à leur famille", a indiqué Ségolène Royal, avant un déjeuner en compagnie de personnes défavorisées à Poitiers.

Cette initiative va coûter 90.000 euros, selon la région.

"Mais cette dépense de solidarité sera réalisée en économisant sur les cartes de voeux. Cette année, elles seront électroniques pour la plupart d'entre elles et celles en papier seront très simples", a expliqué la présidente de région. Le budget dévolu habituellement aux voeux n'a pas été précisé.

"Les salariés licenciés sont oubliés dans les plans économiques et sont aujourd'hui en grandes difficultés à travers tout le pays".