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mardi 5 février 2008

Ségolène Royal dénonce les "dissensions" affichées par ses pairs socialistes au Congrès de Versailles

AP

HARVARD, Massachussetts - En déplacement aux Etats-Unis dans la prestigieuse université d'Harvard, Ségolène Royal a dénoncé lundi "les dissensions" des membres du Parti socialiste sur la question européenne mises au grand jour lors du Congrès de Versailles.

Devant un parterre d'étudiants français et américains, la présidente de la région Poitou-Charentes a déploré l'indiscipline de ses pairs socialistes qui se sont illustrés lundi lors du vote sur la modification constitutionnelle préalable à la ratification du traité euuropéen de Lisbonne.

Interrogée sur la question européenne par une trentaine d'étudiants tirés au sort, Ségolène Royal a dénoncé l'affrontement que se sont livrés les socialistes sans même prendre selon elle le temps de la concertation.

"L'actualité donne en ce moment un spectacle assez spécial en France puisqu'il y a le Congrès", a-t-elle introduit son discours.

"Au sein du Parti socialiste, il y a eu beaucoup de désaccords, de dissensions sur la question de la Constitution, sur la question de l'Europe", a-t elle rappelé.

"Aujourd'hui, cest assez douloureux pour les socialistes d'assister de nouveau à ces tensions alors qu'il y a tellement à faire", a-t-elle souligné, citant notamment la question du pouvoir d'achat.

"Il va falloir lors des prochaines échéances statutaires du parti trancher une bonne fois pour toute la question de l'Europe. Moi je défendrai l'idée de l'Europe, je suis très européenne mais pas pour n'importe quelle Europe. Une Europe par la preuve, une Europe qui prend a bras le corps les problèmes politiques posées", a ajouté celle qui a manifesté récemment sa volonté de briguer la tête du parti.

Sur une pointe d'émotion, la candidate malheureuse à la présidentielle de 2007 est revenue sur les attaques formulées dans son propre camp et sur les difficultés quelle a dû surmonter.

"Les membres d'un parti doivent comprendre (...) que nous défendions tous ensemble des idées majeures, des propositions", a-t-elle dit.

"Moi-même, j'ai énormément souffert d'un manque de discipline et d'unité du parti alors que j'avais été désignée par 60% dès le premier tour" de la primaire socialiste en novembre 2006.

Ségolène Royal devrait mettre cette semaine aux Etats Unis à profit pour s'exprimer sur de nombreuses questions de politique étrangère et d'autres plus économiques, entourée par des professeurs dHarvard. AP

gon/cov/og

mardi 15 janvier 2008

Les socialistes en ordre très dispersé sur le Traité européen

Après l’appel des dirigeants socialistes au boycott du Congrès sur la modification de la Constitution, préalable à la ratification du Traité simplifié européen, plusieurs membres du parti ont fait savoir qu’ils ne suivraient pas cette ligne de conduite.

"Nous devons en terminer avec l’impasse européenne", a déclaré jeudi François Hollande lors de ses vœux à la presse. S'ils se sont mis d'accord sur le fond –ratifier le Traité simplifié européen-, sur la méthode, la question européenne n’en finit pas de diviser les socialistes. Lors de la campagne présidentielle, Ségolène Royal avait affiché sa volonté d’organiser un référendum. Mais le vainqueur en a décidé autrement, optant pour la ratification parlementaire.

Jack Lang votera "deux fois oui"

Faut-il boycotter le Congrès ou voter non au mode de ratification choisi par le Président? Les avis divergent. Jean Marc Ayrault, président du groupe à l’Assemblée nationale, a appelé le parti au boycott du Congrès de modification de la Constitution, le 4 février à Versailles. Un appel approuvé jeudi par François Hollande:


Mais la politique de la chaise vide ne fait pas l’unanimité. De nombreux tenants du oui, comme du non, ont affirmé leur volonté de se rendre au Congrès. Arnaud Montebourg, Jean-Christophe Cambadélis, Henri Emmanuelli, Jean Luc Mélenchon… Autant de ténors qui comptent affirmer leur opposition à la modification de la Constitution par voix parlementaire en participant au Congrès de Versailles. Division toujours, Jack Lang reste quant à lui fidèle à ligné dictée par Sarkozy. Le député du Pas-de-Calais a affirmé qu’il voterait "deux fois oui".

"La diversité de notre conscience"

La cacophonie qui règne au PS sur la question européenne donne à nouveau l’image d’un parti divisé. Jean Christophe Cambadélis, député de la vingtième circonscription de Paris, tente néanmoins de tempérer:

"Cela reflète la diversité de nos sensibilités et de notre conscience vis-à-vis de cette question."

Pour lui, le PS doit rester cohérent avec la ligne adoptée lors du vote du bureau national en novembre dernier, favorable à la ratification du traité:



Benoit Hamon, député européen, prône quant à lui la voix référendaire au nom "du respect du peuple", qui avait rejeté le Traité européen de 2005. Une seule solution serait donc envisageable: voter non à la modification de la Constitution et s’abstenir lors vote pour la ratification du Traité simplifié européen, qui comporte selon lui "des lacunes trop importantes sur les questions monétaire, budgétaire et fiscale":



Pour faire obstacle à la volonté présidentielle, deux parlementaires sur cinq doivent s’opposer au texte. Ce qui place le PS en position d'arbitre. Une arithmétique qui n'a pas échappé à Nicolas Dupont-Aignan, représentant de la droite opposée au Traité:

"Où sont partis les parlementaires de gauche qui avaient promis un référendum lors de la campagne de Ségolène Royal? Ils se sont évanouis? Ils peuvent bloquer le vote par voix parlementaire si l’UMP n’obtient pas la majorité."